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Addictions : les femmes sont moins touchées

A l’inverse des hommes, plus le statut social des femmes est élevé, plus leur consommation de produits comme l’alcool ou le cannabis augmente. Elles restent cependant moins touchées par les addictions que la population masculine, révèle une étude publiée le 10 mars par l’Institut de veille sanitaire.

Les femmes prennent moins de substances psychoactives que les hommes, comme le montre l'étude "Femmes et addictions", publiée le 10 mars par l'Institut de veille sanitaire (InVS) dans le "Bulletin épidémiologique hebdomadaire" (BEH). Ainsi, "l'usage régulier" de ces produits est un comportement davantage masculin, en particulier pour l'alcool et le cannabis.

En effet, les hommes sont "presque trois fois plus nombreux que les femmes à consommer de l'alcool plusieurs fois par semaine ou quotidiennement", précise cette étude. Entre 18 et 64 ans, leur consommation régulière atteint 28,6%, contre 9,7% pour les femmes. Cet écart est encore "plus important" pour les jeunes générations, "pourtant moins consommatrices". En effet, seuls 4,4% des hommes et 0,7% des femmes de 18 à 24 ans boivent tous les jours. Néanmoins, à cet âge, on déclare plus souvent une ivresse dans l'année : 21,2% des filles et 45% des garçons ! Ces taux baissent ensuite régulièrement tout au long de la vie.

Même constat pour la consommation régulière de cannabis. Celle-ci "diminue avec l'âge tandis que l'écart entre les sexes augmente". La situation est différente pour le tabac. Au fil des ans, les habitudes féminines se sont "progressivement" rapprochées des comportements masculins. Le tabagisme concerne désormais un homme sur trois et une femme sur quatre.

Les femmes diplômées boivent plus
Les usages varient aussi en fonction du milieu social. Si l'usage régulier d'alcool est plus rare chez les hommes "les plus instruits" que, par exemple, chez les agriculteurs, il est beaucoup plus fréquent chez les femmes diplômées. D'une manière globale, "plus le niveau d'instruction est élevé ou la catégorie sociale aisée, plus les modes de consommation d'alcool des hommes et des femmes convergent", analyse l'InVS.

L'alignement du comportement féminin sur celui de leurs homologues masculins se traduit par une "augmentation de leur consommation". Ainsi, "l'ivresse alcoolique" féminine est "plus fréquente chez les femmes titulaires d'un diplôme du supérieur". De la même façon, l'élévation du niveau scolaire "va de pair" avec un recours "plus répandu" au cannabis "au cours des douze derniers mois".

Pour le tabac, la situation est inverse : "Les femmes et les hommes cadres se retrouvent autour d'attitudes de modération, par rapport aux ouvriers en particulier", constate l4InVS. Autre fait marquant : la diminution du tabagisme, amorcée dans les années 1990 chez les adolescents, a été confirmée entre 2000 et 2005. La tendance est à la stagnation pour le cannabis, sauf son usage quotidien qui a progressé entre 2003 et 2005, passant ainsi de 3,9% à 5,2%.

Paula Ferreira