Mutuelle d’entreprise (volet 4/4) : les efforts d’une TPE

Portrait de Nicolas Lecarpentier, gérant des Thés Donovan, SARL de 4 salariés située à Vitré (Ille-et-Vilaine)

Nous publions cette semaine une enquête en quatre volets sur la mise en place de la complémentaire santé pour tous les salariés, obligatoire depuis le 1er janvier 2016. Témoignage de Nicolas Lecarpentier, gérant des Thés Donovan(1), SARL de 4 salariés située à Vitré (Ille-et-Vilaine). Ce spécialiste du négoce de thés a choisi une mutuelle locale, avec un bon niveau de couverture, afin de faire d'une obligation légale un "outil de cohésion sociale".

"Je ne voulais surtout pas d'effet boomerang ! J'entends par là un dispositif obligatoire, qui coûte financièrement à l'entreprise, et qui ne satisferait pas les salariés. J'ai rapidement perçu que, dans une TPE comme la mienne, de 4 à 6 salariés selon les périodes, la mise en place de cette complémentaire santé pouvait être une arme à double tranchant : soit on se contente d'appliquer la loi, avec un panier minimal à 10 euros, et une faible couverture des frais de santé, soit on décide d'en faire un outil de cohésion sociale, et on fait en sorte que tout le monde soit gagnant.

J'ai commencé à me renseigner sur les modalités de la complémentaire en entreprise en janvier ou février 2015. Au mois de mars, j'ai été contacté par mon assureur traditionnel, le Gan, qui est venu avec son spécialiste complémentaire santé me présenter une gamme plutôt bien ficelée. Grâce à cette présentation, j'étais bien sensibilisé à la question. J'ai également été approché par l'une de mes banques, mais le conseiller semblait découvrir le produit en même temps que moi, ce qui était moyennement convaincant.

Le choix des salariés

J'ai alors interrogé mes deux salariées en contrat à durée indéterminé (CDI), afin de connaître leurs souhaits en la matière. L'une avait un contrat individuel chez Unimutuelles, une mutuelle de proximité née de la fusion de diverses mutuelles bretonnes. L'autre avait également été couverte dans le passé par ce groupement, via le contrat collectif de l'entreprise de son mari.

Cette mutuelle offrait un bon niveau de couverture, et proposait des formalités simples à la fois pour les demandes de remboursement mais aussi pour les devis de prise en charge. Pourquoi ? Notamment parce qu'elle dispose d'une agence en centre-ville, capable d'accueillir les adhérents et de leur apporter une réponse immédiate, ce qui n'est pas forcément le cas d'un gros assureur, où il faut parfois attendre 48 heures pour obtenir un devis.

Le dispositif est également très simple pour la cotisation : je fournis un relevé d'identité bancaire (RIB), les prélèvements tombent chaque mois, avec une facture. J'ai compris que ce serait la solution la plus facile à mettre en place.

Optique et dentaire : bonne couverture

Autre impératif : je voulais un niveau de remboursement satisfaisant, en particulier sur l'optique et le dentaire. J'ai donc opté pour une formule à 42 euros par mois, financée à hauteur de 21 euros par l'entreprise et 21 euros par le salarié. Mes deux employées ont également souscrit une offre de surcomplémentaire qui leur coûte 10 euros supplémentaires chaque mois.

La salariée qui était couverte à titre individuel payait 55 euros par mois pour sa couverture santé. Aujourd'hui, via le contrat collectif, la même couverture est à 42 euros par mois. La cotisation au contrat socle, plus la surcomplémentaire, lui coûte 31 euros par mois, ce qui est avantageux, et vite amorti en cas de dépenses d'optique ou de dentaire.

Quant aux salariés en contrat à durée déterminée (CDD), actuellement au nombre de trois, seuls l'une d'entre eux a choisi de s'affilier au contrat d'entreprise, les deux autres ayant sollicité une dispense. J'ai été approché par divers organismes complémentaires dans le courant de l'année 2015. Certains m'ont même proposé d'installer le dispositif dès le mois de juin. En transmettant les formulaires en décembre, Unimutuelles a pu le mettre en place sans souci pour le 1er janvier 2016, comme le prévoit la loi."

(1)  Découvrir le site Internet des Thés Donovan

Propos recueillis par Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)