« L’économie sociale et solidaire a besoin d’un soutien fort du gouvernement »

Roland Berthilier, secrétaire général de la Mutualité Française

Le Premier ministre, Manuel Valls, et la secrétaire d'Etat en charge de l'économie sociale et solidaire, Martine Pinville, ont rencontré le 4 septembre, les représentants de la Chambre française de l'économie sociale et solidaire (CFESS). Pour Roland Berthilier, secrétaire général de la Mutualité Française et trésorier de la CFESS, "l'Etat a un rôle majeur à jouer dans le développement de l'ESS au plan national et européen".

Le 4 septembre, l'Etat a signé la convention d'agrément de la Chambre française de l'économie sociale et solidaire (CFESS). Quel en est l'enjeu ?

Roland Berthilier – Un an après l'adoption de la loi relative à l'économie sociale et solidaire (ESS), la signature de cette convention marque la reconnaissance officielle de la CFESS – qui réunit toutes les composantes de l'ESS dont la Mutualité Française – comme l'interlocuteur des pouvoirs publics pour l'ESS. C'est une marque de reconnaissance pour cet organisme, qui existe depuis dix mois, mais surtout une manifestation de l'intérêt du gouvernement pour notre mode d'entreprendre.

De gauche à droite, Roger Belot, président de la CFESS, Manuel Valls, Premier ministre,  et Martine Pinville, secrétaire d’Etat en charge de  l’Economie sociale  et solidaire, à l’issue de la signature de la convention d’agrément de la CFESS par l’Etat. (©enoît Granier/Matignon)

De gauche à droite, Roger Belot, président de la CFESS, Manuel Valls, Premier ministre, et Martine Pinville, secrétaire d’Etat en charge de l’Economie sociale et solidaire, à l’issue de la signature de la convention d’agrément de la CFESS par l’Etat (©Benoît Granier/Matignon).

Quel bilan tirez-vous de vos échanges avec le Premier ministre ?

Roland Berthilier – L'économie sociale et solidaire a besoin d'un soutien fort du gouvernement. Elle pèse 10% du PIB, génère 2,4 millions d'emplois dont 440.000 ont été créés ces dix dernières années. Or, l'ESS a souvent été oubliée dans les projets de loi et les dispositifs de financement mis en place par l'Etat, comme le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), par exemple.

Manuel Valls nous a apporté tout son soutien. Le chef du gouvernement a in­sisté sur l'importance de reconnaître l'ESS comme un mode d'entreprendre à part entière et de lui fournir les outils nécessaires à son développement.

En tant que représentant de la Mutualité Française, quelles sont les attentes particulières dont vous avez fait part au Premier ministre ?

Roland Berthilier – J'ai tout d'abord rappelé à Manuel Valls que les mutuelles sont le premier acteur de la complémentaire santé en France, mais aussi le premier offreur de soins à but non lucratif, avec plus de 2.500 établissements et services répartis dans toute la France.

La réforme du Code de la Mu­tualité, annoncée par le président de la République le 12 juin dernier, à Nantes, constitue une étape majeure dans la modernisation de notre mode d'entreprendre. Elle sera l'occasion de doter les mu­tuelles de nouveaux outils pour améliorer leur niveau de service et leur permettre de développer de nouvelles activités.

Par ailleurs, alors que les directives européennes impactent directement le mode de gouvernance des mutuelles, nous souhaitons que le droit européen reconnaisse enfin le modèle de gouvernance mutualiste en lui donnant un cadre légal. La Mutualité compte sur un soutien fort du gouvernement sur tous ces dossiers. L'Etat a un rôle majeur à jouer dans le développement de l'ESS au plan national et européen.

Stratégie de développement

A l'occasion de sa rencontre, le 4 septembre, avec Manuel Valls et Martine Pinville, Roger Belot, président de la Chambre française de l'économie sociale et solidaire a évoqué les chantiers prioritaires de la CFESS, parmi lesquels "l'élaboration en cours d'une stratégie nationale de développement de l'ESS (…). Notre objectif est simple : nous sommes à 10% du PIB, comment passer à 20% ?". Il a également mentionné "le démarrage de travaux sur le financement des entreprises de l'ESS afin de mieux mobiliser et améliorer les dispositifs existants, qu'ils soient généraux ou spécifiques".

La composition de la CFESS

La Chambre française de l'économie sociale et solidaire (CFESS) a été créée dans le cadre de la loi du 31 juillet relative à l'économie sociale et solidaire. Elle réunit toutes les composantes de l'ESS, dont elle défend les intérêts auprès des pouvoirs publics, en France et en Europe. Ses sept membres fondateurs sont :
- Coop FR pour les coopératives.
- La FNMF pour les mutuelles relevant du Code de la Mutualité.
- Le Groupement des entreprises mutuelles d'assurance (Gema) pour les mutuelles d'assurance.
- Le Mouvement associatif pour les associations.
- Le Centre français des fonds et fondations (CFF)
- Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves).
- Le Conseil national des CRESS, fédérant les chambres régionales de l'ESS.
Ils ont été rejoints par trois membres actifs :
- L'Economie sociale partenaire de l'Ecole de la République (L'Esper)
- Le Mouvement de l'économie solidaire (Mes)
- Finansol, qui regroupe la communauté de la finance solidaire
Enfin, l'Union des employeurs de l'ESS (Udes) est membre associé.
Sophie Lecerf

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)