La CMU-C réduit le renoncement aux soins

Une étude de la Drees montre que le bénéfice de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) favorise l’accès aux soins. En 2015, 5,3 millions de Français ont bénéficié de ce dispositif.

Grâce à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), dont ont bénéficié 5,3 millions de Français en 2015, le renoncement aux soins pour raisons financières a été en partie limité, souligne la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees) dans le numéro 944 d'Etudes et résultats de décembre 2015.

Ainsi, les bénéficiaires de la CMU-C ont une probabilité plus forte de recourir à des soins dans l'année que les personnes sans complémentaire. Toutes disciplines médicales confondues, cette probabilité de recours aux soins est de + 6%. Plus précisément, elle s'élève à +9% pour une consultation chez un généraliste, à +12% dans l'optique et à +13% dans le dentaire.

Plus de consultations de généralistes

Autre enseignement : compte-tenu de leur mauvaise santé, les titulaires de la CMU-C ont des dépenses de santé plus élevées que le reste de la population. Ainsi, la Drees pointe notamment qu'à structure d'âge et de sexe équivalente, les titulaires de la CMU-C déboursent 65% de plus que les personnes sans complémentaire, et 27% de plus que celles qui en détiennent une. "L'écart de dépenses provient des soins de ville (+34%) : la dépense des bénéficiaires de la CMU-C est en effet plus élevée de 43% en pharmacie, de 38% en médecins et de 67% en dentaire (dépassements inclus) que celle des personnes sans couverture", relève cet organisme.

Les dépenses des titulaires de la CMU-C pour des consultations de généraliste sont plus élevées de 43% que celles des personnes sans couverture complémentaire. En revanche, elles sont équivalentes à celles des assurés ayant une autre couverture que la CMU-C. Côté optique, les bénéficiaires de la CMU-C dépensent 66% de moins que les personnes sans couverture.

"L'obligation pour les opticiens de proposer des lunettes et des lentilles respectant les tarifs maximaux du panier de soins de la CMU-C est probablement un facteur d'explication essentiel de cette dépense plus faible", estime la Drees. Concernant le dentaire, poursuit l'étude, les bénéficiaires de la CMU-C et les autres assurés se retrouvent sur un même niveau élevé de dépenses. A la différence de l'optique, le panier de soins de la CMU-C ne limite la dépense en soins dentaires.

Etat de santé dégradé

Concernant la situation sanitaire des bénéficiaires de la CMU-C, 11% d'entre eux se déclarent en mauvaise ou très mauvaise santé, soit près de quatre fois plus que les autres assurés de même âge et de même sexe, et autant que les personnes sans complémentaires santé.

Ils sont même 27% à estimer que leur état de santé les limite dans leur vie quotidienne, contre 15% des autres assurés et 21% des personnes sans complémentaire. Ce sentiment, indique la Drees, est effectivement confirmé par les chiffres puisque "14% des bénéficiaires de la CMU-C souffrent d'une affection de longue durée (ALD), contre 9% des autres assurés, à âge et sexe équivalents. Ils sont également plus touchés par certaines affections : dépression, diabète, hypertension, asthme ou obésité̋".

Une population jeune


44,2% des bénéficiaires de la CMU-C ont moins de 19 ans et 28,4% sont âgés entre 20 et 39 ans. La part des 40-59 ans représente 22,3% des bénéficiaires et les plus de 60 ans, 5,1%., comme le montre le rapport d’activité 2014 Fonds CMU.
Frédéric Lavignette

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