Médicaments à 15% : comment s’en passer

Vasodilatateurs, antiacnéiques, laxatifs : le taux de remboursement de 150 médicaments qui représentent 594 spécialités pharmaceutiques passe de 35% à 15% le 16 avril. La Mutualité Française recommande à ses mutuelles de ne plus prendre en charge ces produits qui ne sont plus jugés suffisamment efficaces par la Haute Autorité de santé. Retrouvez nos conseils pour vous en passer.

Les médicaments peu performants passent à l'orange. Pas moins de 150 médicaments qui représentent 594 spécialités pharmaceutiques vont voir leur taux de remboursement par la Sécurité sociale passer de 35% à 15%, selon le Journal officiel du 16 avril. Ces médicaments sont identifiés par une vignette orange.

Pour rappel, la vignette désigne le taux de remboursement appliqué par la Sécu : 65% pour les blanches, 35% pour les bleues et, enfin, 15% pour les vignettes orange. La plupart des médicaments sans vignette peuvent être achetés librement en automédication, c'est-à-dire sans forcément passer par la case médecin. Cas particulier : certains médicaments sans vignette et non remboursés sont cependant soumis à prescription médicale obligatoire comme le Viagra® ou de nombreuses pilules contraceptives. A noter qu'il existe également des vignettes blanches barrées remboursées à 100% et destinées aux patients en affection de longue durée.

Les médicaments à 15% regroupent les produits dont le service médical rendu (SMR) a été jugé faible ou insuffisant par la Haute Autorité de santé (HAS). On y trouve, pêle-mêle, des médicaments contre l'acné, la constipation, l'arthrose, les brûlures d'estomac, les troubles cognitifs liés à l'âge ou encore le rhume. Tous les médicaments contre l'acné ou la constipation ne sont bien sûr pas tous touchés, mais seulement certains types de produits.

La Mutualité Française, par la voix de son président Jean-Pierre Davant, a demandé aux mutuelles de ne pas les prendre en charge : "Soit un médicament est utile et il faut le rembourser, a-t-il fait valoir, soit il ne l'est pas et il ne faut pas le rembourser." Un principe de bon sens qui n'a pas été retenu par le gouvernement.

Une meilleure hygiène de vie
Vous avez l'habitude de prendre l'un de ces produits ? Pas de panique. Dans la plupart des situations, des solutions existent pour s'en passer. C'est par exemple le cas des médicaments spécifiques contre l'arthrose, qui se manifeste par des douleurs dans les articulations. La mise au repos de la zone endolorie est une première étape. Si un traitement est nécessaire, il est possible de prendre des antidouleurs comme le paracétamol ou des anti-inflammatoires (aspirine, ibuprofène...). Ces médicaments sont accessibles en automédication ou remboursables quand ils sont prescrits par un médecin.

Autre exemple, les brûlures d'estomac. Dans ce cas, le meilleur traitement sur le long terme reste la prévention : réduction voire arrêt du tabac et de l'alcool, diminution des quantités de nourriture, des repas riches et gras, etc.

"Il faut savoir que les médicaments perdent de l'intérêt dans le temps, nous explique Laure Lechertier, responsable du département politique du médicament à la Mutualité Française. Ils laissent par exemple la place à des traitements plus performants. Les connaissances en matière de prévention évoluent aussi avec le temps : certains traitements peuvent avantageusement être remplacés par des mesures d'hygiène de vie."

Philippe Rémond