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Le dossier médical partagé se déploie enfin

Le dossier médical partagé (DMP) devrait être généralisé en 2018. Nicolas Revel, le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), annonce un objectif de création de plusieurs dizaines de millions de DMP d'ici quatre ou cinq ans.

Tel un serpent de mer, le dossier médical partagé (DMP) revient dans l'actualité. Sa généralisation à tout le territoire est en effet annoncée pour l'automne 2018. Il était temps, observent Les Echos, car depuis le vote qui a instauré l'idée de sa mise en place en 2004, rien n'avait vraiment bougé. Seule nouveauté récemment notable : neuf départements ont expérimenté ce dispositif visant à permettre l'échange d'informations médicales entre professionnels de santé libéraux et hospitaliers.

Il faut dire, rappelle le quotidien, que "le lancement du premier DMP a été tardif", puisqu'il date de 2011. Pour l'occasion, 210 millions d'euros avaient été investis afin de créer 158.000 DMP, dont 89.500 sont restés vierges de toutes données de santé.

Parmi les raisons invoquées figure, entre autres, la complexité du dispositif informatique, inadapté au fonctionnement des cabinets médicaux.

En 2012, il fut alors question de repenser et de simplifier le DMP, jusqu'à ce que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, l'inscrive dans sa loi santé de 2016 sous de nouvelles modalités. Dans la pratique, la gestion du dossier n'incombait plus à une agence informatique (Asip), mais à l'assurance maladie elle-même, la détentrice des "cordons de la bourse", et seule à pouvoir inciter financièrement les soignants à se saisir de l'outil.

"De plus, le fardeau de la création de dossiers ne repose plus sur les seuls médecins : les caisses d'assurance-maladie le proposent aux assurés qui s'y rendent, et bientôt ils pourront eux-mêmes les créer, écrivent Les Echos. En avril 2017, il s'est ainsi créé 10.000 DMP par semaine dans les neuf départements pilotes".

Dans un entretien qu'il accorde au quotidien, le directeur général de la Caisse nationale d'assurance-maladie (Cnam), Nicolas Revel, projette "d'aller très vite et d'ouvrir, d'ici quatre ou cinq ans, plusieurs dizaines de millions de DMP avec des données abondantes et fréquemment actualisées".

Les pharmacies permettront d'accélérer le processus, prévient-il, car la convention conclue cet été avec la profession prévoit la possibilité d'ouvrir un DMP en officine, avec pour contrepartie une rémunération de 1 euro par dossier ouvert. Par ailleurs, annonce-t-il, "je proposerai aux infirmiers de le faire aussi pour les patients en perte d'autonomie".

Une fois ouverts, il faudra alimenter ces dossiers. Dès l'ouverture d'un DMP, l'assurance maladie l'alimentera avec les deux dernières années de consommation de soins (médicaments remboursés, médecins consultés, recours aux autres professions de soins, examens réalisés...). Les établissements doivent y transférer les comptes rendus d'hospitalisation et, contre rémunération, les médecins généralistes peuvent y déposer les volets de synthèses médicaux.

"Cette nouvelle tentative d'installer le DMP doit être la bonne, assure Nicolas Revel. Tous les pays autour de nous s'y lancent. Nous serons prêts en fin d'année".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)