2’ pour comprendre : le rapport « Charges et produits » de la Cnam
Dans son dernier rapport « Charges et produits », la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) plaide pour investir davantage dans la prévention, mieux accompagner le vieillissement de la population et améliorer la pertinence des dépenses de santé. Si plusieurs orientations sont saluées par la Mutualité Française, cette dernière a toutefois voté contre le rapport. Mickaël Pitre, chef de file pour la Mutualité Française à la Cnam, nous explique pourquoi.
Le rapport « Charges et produits » de la Cnam, publié au mois de juillet 2026, intervient dans un contexte financier tendu. Le déficit de la branche maladie a atteint 15,9 milliards d’euros en 2025 et devrait rester élevé en 2026. Face à cette situation, la Cnam défend plusieurs orientations destinées à améliorer l’état de santé de la population tout en contribuant à la soutenabilité du système.
Renforcer la prévention
La Caisse nationale d’assurance maladie souligne la progression continue des maladies chroniques, qui concernaient 25,6 millions de personnes en 2024 et pourraient toucher plus de 30 millions de personnes en 2035 si les tendances actuelles se poursuivent. Elle propose donc de renforcer les actions de prévention à tous les âges de la vie : dépistage précoce chez l’enfant, amélioration de la santé mentale des jeunes, lutte contre le tabagisme, promotion d’une alimentation plus saine ou encore prévention des maladies cardiovasculaires. Dans cette optique, le rapport milite, par exemple, pour rendre le Nutri-Score obligatoire sur les produits emballés.
Mieux accompagner les patients
Le rapport met également l’accent sur l’engagement des patients dans leur parcours de soins, considéré comme un levier de qualité. Il consacre aussi un volet important au vieillissement de la population, avec des propositions portant notamment sur la vaccination des personnes âgées, le repérage précoce des fragilités et une meilleure coordination entre les différents acteurs de santé. Il est également question de mettre en place des bilans de prescription médicamenteuse pour limiter les risques liés à la polymédication.
Rechercher davantage d’efficience
La Cnam identifie plusieurs pistes pour améliorer la pertinence des dépenses de santé : développement des médicaments génériques et biosimilaires, réévaluation des prescriptions, déprescription lorsque cela est médicalement justifié ou encore une réflexion sur les traitements les plus coûteux. La lutte contre la fraude et la poursuite de la transformation numérique figurent également parmi les mesures proposées. L’ensemble de ces propositions pourrait permettre de réaliser 3,9 milliards d’euros d’économies en 2027.
Un rapport contesté par la Mutualité Française
Si elle salue plusieurs propositions jugées constructives en matière de prévention, de parcours de soins et de prise en compte des spécificités des territoires ultramarins, la Mutualité Française a voté contre le rapport lors de son examen au Conseil de la Cnam. Selon elle, certaines mesures relatives à l’articulation entre Assurance maladie obligatoire et complémentaires santé n’ont pas été concertées. Elle conteste également l’analyse présentée sur la répartition des dépenses entre les différents financeurs et estime que les organismes complémentaires et leurs adhérents ne doivent pas constituer une variable d’ajustement des finances publiques.
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