Carnet de santé 2026 : ce que veulent les Français
Avec son « Carnet de santé de la France », la Mutualité Française prend le pouls des citoyens en matière de santé. Cette quatrième édition met au jour des inquiétudes tenaces, mais aussi une volonté claire : préserver un modèle de protection sociale auquel ils demeurent attachés, tout en le faisant évoluer. Un sujet décisif, puisque 85 % déclarent que les propositions des responsables politiques en matière de santé pèseront dans leur choix électoral.
Fondée sur une série d’indicateurs factuels et sur une enquête Odoxa menée auprès de 3 000 personnes, l’édition 2026 du Carnet de santé de la France livre un diagnostic du système de soins. Une conviction se dégage : les Français ne veulent ni renoncer à leur modèle social ni le laisser s’éroder. Ils réclament des réponses concrètes pour améliorer l’accès aux soins, mieux prendre en charge la santé mentale, accompagner le vieillissement et garantir le financement de la solidarité.
Accès aux soins : première source de préoccupation
Malgré une légère amélioration depuis 2025, l’accès rapide aux soins reste difficile : 82 % des Français ont eu des difficultés à obtenir un rendez-vous chez un spécialiste et 37 % chez un généraliste, indique la quatrième édition publiée le 23 septembre 2026. En conséquence, 77 % ont renoncé à des soins au cours de l’année écoulée, faute de professionnel disponible (67 %) ou en raison du coût (40 %).
Derrière ces renoncements se dessine une fracture territoriale désormais bien connue : 87 % du territoire est considéré comme un désert médical. Par ailleurs, 11,5 % des assurés sociaux n’ont pas de médecin traitant et 4,3% parmi les patients en affection de longue durée.
Plus que jamais, l’efficience du système de santé devient un enjeu crucial. Cela ne signifie pas moins soigner, mais mieux soigner, notamment en prenant davantage en compte les recommandations scientifiques et en assurant un meilleur maillage du territoire. Par exemple, 41 % des passages aux urgences pourraient relever d’une prise en charge en ville, tandis que 265 000 séjours hospitaliers liés à des pathologies chroniques pourraient être évités grâce à des soins de proximité adaptés.
Financement : comment préserver le modèle français ?
L’avenir de la Sécurité sociale cristallise les craintes. Huit Français sur dix considèrent que son déficit menace sa pérennité et neuf sur dix redoutent une dégradation des remboursements.
Dans ce contexte, les transferts de charges de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé constituent un point de vigilance. Sans action sur le coût global des soins, ils déplacent une partie du financement vers les organismes complémentaires, avec un risque de répercussion sur les cotisations.
Dans le même temps, le coût réel des soins demeure largement méconnu. Les Français l’estiment en moyenne à 1 755 euros par an, alors qu’il dépasse 3 700 euros. Signe d’un besoin de transparence, 84 % jugent nécessaire de mieux informer les patients sur ces dépenses.
Pour redresser les comptes de la Sécurité sociale, 80 % des Français placent le renforcement des contrôles contre les fraudes et les abus parmi les mesures prioritaires. La Mutualité Française demande donc que les outils prévus par la loi du 25 juin 2026 soient pleinement déployés. Près de trois personnes sur quatre jugent également qu’il faut totalement réorganiser le système de santé.
Prévention : environnement et santé mentale en tête
Occupant une place centrale dans le Carnet de santé 2026, la prévention fait partie intégrante des changements positifs à opérer. La France reste pourtant en retrait : elle n’y consacre que 2,3 % de ses dépenses de santé, contre 3,7 % en moyenne dans les pays européens.
Érigée en Grande cause nationale en 2026, la santé mentale s’impose comme une urgence. Chaque année, 13 millions de personnes sont touchées par des troubles psychiques, qu’il s’agisse de dépression, d’épuisement professionnel ou de pensées suicidaires.
Les jeunes se retrouvent en première ligne. D’après une étude publiée en septembre 2025 par la Mutualité Française, l’Institut Montaigne et l’Institut Terram, un quart des 15-29 ans présenterait des symptômes évocateurs de dépression. La précarité aggrave nettement le risque : parmi les jeunes en situation de grande fragilité sociale, près d’un sur deux est concerné.
La santé des populations découle également de leur environnement et de leur consommation alimentaire. La qualité de l’alimentation préoccupe 89 % des Français, soit huit points de plus qu’il y a deux ans. Lors de la consultation des Etats généraux de la santé et de la protection sociale, 72 % des personnes appelaient déjà à réduire en priorité l’exposition aux pesticides et perturbateurs endocriniens. Autre problème persistant : l’exposition aux particules fines qui entraîne 40 000 décès chaque année.
Données de santé : une confiance en progression
Afin d’optimiser le système de santé, le partage des données de santé gagne également du terrain dans les esprits. Pour 83 % des Français, il peut faire progresser la recherche médicale et améliorer la santé de tous : une adhésion en hausse de onze points depuis 2017.
Cette ouverture reste néanmoins conditionnée à une exigence forte : la confiance. Pour administrer ces informations sensibles, les Français se tournent d’abord vers les professionnels de santé (93 %), les hôpitaux (85 %), la Sécurité sociale (75 %) et les mutuelles (63 %).
Prévoyance et retraite : l’incertitude domine
Enfin, le vieillissement de la population alimente lui aussi de vives préoccupations. Trois priorités émergent : prévenir la perte d’autonomie, mieux épauler les aidants et permettre à chacun de rester chez soi le plus longtemps possible.
Dans ce contexte, trois quarts des Français se disent favorables à une assurance dépendance généralisée. D’ici à 2050, la France pourrait compter 700 000 personnes supplémentaires en perte d’autonomie, alors que 68 % des Français ne se sentent pas en mesure d’en assumer seuls le coût. Une place en Ehpad revient en moyenne à plus de 2 400 euros par mois, avec un reste à charge médian de 731 euros.
L’avenir financier inquiète. Ainsi, 60 % des Français pensent que leur niveau de vie à la retraite sera inférieur à celui de l’ensemble de la population. Pourtant, 58 % n’ont pas encore commencé à épargner et 63 % ne connaissent pas suffisamment les dispositifs permettant de s’y préparer.
Retrouvez ici le communiqué de presse.
5 chiffres à retenir
- 85 % des Français feront de la santé et de la protection sociale un critère de vote.
- 77 % ont renoncé à des soins sur les douze derniers mois.
- 82 % rencontrent des difficultés pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste.
- 68 % ne se sentent pas prêts à faire face financièrement à la perte d’autonomie.
- 79 % s’inquiètent de l’avenir de la Sécurité sociale.
Carnet de santé de la France 2026
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