Rentrée sociale 2026 : La Mutualité Française veut remettre la transformation du système de santé au centre du débat
À force de chercher qui doit payer, nous avons cessé de nous demander ce que nous voulons financer.
Cet été, quatre décrets ont acté le transfert de 1,48 milliard d’euros de dépenses supplémentaires vers les mutuelles : 590 millions d’euros sur le dentaire, 470 millions sur les dispositifs médicaux, 370 millions sur les médicaments et 40 millions sur les transports. En intégrant l’effet de la TSA, la charge supplémentaire atteint près de 1,7 milliard d’euros.
Dans le même temps, la couverture complémentaire santé demeure lourdement taxée. On ne peut pas demander aux mutuelles de prendre en charge toujours davantage de dépenses, leur imposer une fiscalité croissante et attendre simultanément qu’elles contiennent les cotisations. Cette équation ne tient pas. Au bout de la chaîne, ces charges supplémentaires retombent sur les assurés sociaux, à travers le coût de leur complémentaire et leur reste à charge.
Un des problèmes de fond est là : le débat sur la santé se résume davantage à une bataille de milliards : ce que l’Assurance maladie rembourse, ce que les complémentaires doivent reprendre, ce que les assurés devront finalement supporter. Ce jeu de passe-passe budgétaire tient lieu de politique de santé. Il n’en est pas une.
Pour sa rentrée sociale, la Mutualité Française veut déplacer le débat : la question n’est plus seulement de trouver de nouvelles recettes pour faire fonctionner le système comme avant, mais de décider quel système de santé nous voulons pour demain.
Nous porterons dans le débat tout ce qui peut renforcer l’efficience du système et la prévention, avec une ambition : refonder le pacte social autour de deux principes clés, la responsabilité et la confiance.
Les Français eux-mêmes expriment cette attente : 72 % privilégient une réorganisation du système de santé pour répondre à son déficit, tandis que 79 % considèrent que le déficit de la Sécurité sociale peut remettre en cause son avenir. Et à l’approche de 2027, le sujet s’impose déjà dans le débat démocratique : 85 % déclarent qu’ils tiendront compte des propositions des candidats en matière de santé et de protection sociale lors de la prochaine élection présidentielle.
La Mutualité Française met donc trois sujets sur la table : cesser de piloter la santé par les transferts financiers, réduire ce qui renchérit inutilement le coût de la protection et investir beaucoup plus tôt dans la prévention.
Eric Chenut, président de la Mutualité Française : « Notre système de couverture santé repose sur deux piliers complémentaires : l’Assurance maladie et les complémentaires santé. Fragiliser l’un ne permettra pas de rétablir durablement l’équilibre de l’autre. Les arbitrages comptables, coups de rabot, transferts de charges et hausses de fiscalité se succèdent depuis des années sans enrayer la dégradation des comptes de l’Assurance maladie. Déplacer la dépense ne règle pas le déficit, cela change uniquement le payeur.
C’est pourquoi la Mutualité Française engage dès cette rentrée une mobilisation pour réduire la pression qui pèse sur les assurés sociaux. Elle demande que la taxation des contrats de complémentaire santé soit ramenée à 5,5 %, au lieu de 16, 12%, au même niveau que les biens essentiels. »
La mobilisation, grâce à une interpellation des parlementaires en deux clics, est à retrouver sur mutualite.fr
Baisser cette taxe, ce n’est pas protéger les mutuelles. C’est protéger la capacité des Français à se soigner.
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