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La télémédecine : nouvel eldorado des soins ?

Afin de pallier l'insuffisance de l’offre de soins dans certains territoires, le projet de loi Santé, actuellement examiné par le Parlement, mise, entre autres, sur la télémédecine. Celle-ci est particulièrement développée en Suède et en Angleterre mais, en France, patients et médecins témoignent une certaine réticence.

Après l'Assemblée nationale, le Sénat examine depuis le lundi 3 juin 2019 le projet de loi relatif à la transformation et l'organisation du système de santé. Au terme de cette première lecture d’un texte qui vise à répondre à l'urgence dans les territoires qui se sentent abandonnés, et dont les contours avaient été esquissés en septembre dernier par Emmanuel Macron via sa présentation du "plan Santé 2022", les parlementaires procéderont à un vote solennel le mardi 11 juin. Ils auront ainsi à se prononcer sur la fin du numerus clausus pour les étudiants en médecine, sur le développement des hôpitaux de proximité ou encore, liste Le Point, sur la transformation numérique.

Par ces mesures, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, compte favoriser une offre de soins homogène à tous les patients, à commencer par ceux vivant dans les territoires sous-médicalisés. Pour "répondre à l'angoisse de la désertification médicale", l'accent a été particulièrement mis sur la télémédecine, même si son essor a été récemment activement encouragé. Depuis septembre 2018, en effet, la Sécurité sociale rembourse la téléconsultation. Laquelle permet à un médecin d'ausculter un patient à distance par l'intermédiaire d'un ordinateur ou d'une tablette équipée d'une caméra. Un acte facturé au même tarif qu'une consultation classique, indiquait en mars dernier L'Express. A savoir : de 23 à 58,50 euros (selon la spécialité) pris en charge à 70% par la Sécurité sociale.

Alors que le gouvernement misait sur un objectif de 500.000 actes de téléconsultation en 2019, seuls 16.000 ont été enregistrés à la mi-mai, annonce France 2 dans son journal du 30 mai. Causes de ce manque d'engouement : des réticences des patients comme des médecins. Les premiers ont surtout des habitudes qu'il est difficile de changer. Selon un sondage réalisé par Harris Interactive que rapporte BFM Business, seuls 52% des Français se disent prêts à recourir à la téléconsultation. Les autres indiquent "avoir l'impression de ne pas bénéficier d'une véritable consultation via cette méthode".

Selon France 2, la résistance des médecins a plusieurs origines. Il leur faut d'abord trouver du temps en dehors de leur activité professionnelle classique pour effectuer ces consultations. Ensuite, certains estiment que l'absence de contact avec le patient est un frein : "On ne va pas lui demander de promener son smartphone pour voir s'il y a pas des petites tâches sur les jambes ou dans le dos", explique le Dr Jean-Paul Hamon, généraliste à Clamart (Hauts-de-Seine). Enfin, la plupart des consultations à distance nécessitent un investissement, notamment lorsqu'un local dédié reçoit le patient en présence d'une infirmière, laquelle fait l'interface entre le malade et le médecin qui apparaît sur l'écran. Budget nécessaire, prévient le journal télévisé : "13 .000 euros pour l'équipement et compter 18 euros pour chaque acte infirmier."

Une alternative à ce dispositif existe : les cabines de télémédecine. Perpignan est la première ville française à s'en être dotée. Justement, une journaliste de L'Indépendant vient de l'expérimenter en se rendant à la pharmacie de la Poudrière, où elle a été installée par une start-up originaire d'Aubervilliers. Sans rendez-vous, sans avancer aucun frais, la patiente a dû s'inscrire pour être connectée comme sur un site Internet (nom, prénom, âge, mail, poids, taille et numéro de Sécurité sociale pour rendre accessible son dossier médical), avant de voir apparaître à l'écran un généraliste collaborateur de Tessan, groupe spécialisé dans l'e-santé qui commercialise ces cabines.

Après écoute des symptômes, le médecin guide à distance la patiente dans le maniement des différents appareils présents dans la cabine (oxymètre, thermomètre, stéthoscope, balance, dermatoscope…). Une fois qu'elle s'est auto-auscultée, le diagnostic est posé par le praticien et son ordonnance est directement télétransmise et imprimée dans la cabine.

Ce genre d'initiatives permet à Challenges d'écrire que "pour la télémédecine en France, le temps des atermoiements s’achève. Place aux grandes manœuvres !". De plus en plus d'acteurs tricolores s'engagent, en effet, dans le secteur de la médecine numérisée et lèvent des fonds pour réaliser leur projet. Sans s'en cacher, beaucoup veulent surtout profiter de la volonté gouvernementale d'améliorer l'accès aux soins grâce aux nouvelles technologies.

Aujourd'hui, "une quarantaine de plateformes se battent pour avoir leur part du gâteau", indique Challenges. Certaines sont d'origine européenne, à l'image de Livi, émanation du groupe suédois Kry, déjà présent en Espagne, Norvège et Angleterre. Depuis le 15 septembre, la France est un de ses nouveaux terrains de conquête.

En Suède, signale le site Economie Matin, 95% des prescriptions sont désormais rédigées sous format électronique. Depuis 2016, le principe de la téléconsultation s'est généralisé permettant aux praticiens, tout comme aux pharmaciens, de "gagner en moyenne trente minutes par jour, temps qu'ils peuvent allouer à d'autres tâches".

Pour sa part, l'Angleterre a entrepris le virage de la télémédecine entre 2012 et 2017. Engagement qui a permis au National Health Service (NHS) d'économiser 90 millions d'euros sur son budget. Notamment grâce à une réduction des frais de transports des patients à mobilité réduite, au désengorgement des urgences ou encore à la diminution du nombre de lits dans les hôpitaux. Outre une meilleure prise en charge des patients, complète le site Internet, la télémédecine suédoise ou anglaise a aussi favorisé la création de nouveaux emplois.

Reste à savoir si ceux que propose le marché de l'e-santé sont tous vertueux. En France, certains médecins libéraux s'en inquiètent. Selon eux, la déferlante des plateformes de téléconsultation pourrait conduire à une "ubérisation" du secteur de la santé. A terme, rapportaient récemment Les Echos, ils redoutent d'être "pieds et poings liés" avec les plateformes commerciales qui pourraient imposer une hégémonie au système de soins. Pressentiment qui ne doit pas être écarté, au vu des expériences déjà connues avec les plateformes de livraison à domicile et celles des voitures de transports avec chauffeur (VTC)…

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Frédéric Lavignette

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