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Système de soins : la France dans la moyenne européenne

Une enquête suédoise, basée sur le ressenti des patients, montre que le système de santé français se situe au 11e rang européen en matière de performance.

Chaque année, une enquête réalisée par un think tank suédois, le Health Consumer Powerhouse (HCP), évalue les performances des systèmes de santé de 35 pays européens, via un indice calculé à partir du ressenti de ses utilisateurs.

Baptisé "EuroHealth Consumer Index" (EHCI), cet indice de la consommation de santé est construit à partir de cinquante critères, répartis en six thématiques. A savoir, rapporte le site Myeurop.info : l'information et les droits des patients, l'accès aux soins, l'efficacité des traitements, la variété des services offerts, la prévention et enfin l'utilisation des produits pharmaceutiques.

Selon les résultats de cette étude, dévoilés le 25 février 2019, la Suisse occupe la tête du palmarès des meilleurs systèmes de soins, avec un taux de satisfaction globale de 89,3%. En 2e position, indique le journal belge L'Echo se trouvent les Pays-Bas (88,3%), suivis de la Norvège (85,7%). Viennent ensuite le Danemark (85,5%) et la Belgique (84,9%), en 4e et 5e positions. Passés la Finlande, le Luxembourg, la Suède, l'Autriche et l'Islande arrive la France, 11e du classement, devant l'Allemagne.

Un examen détaillé des résultats permet d'identifier les thématiques qui handicapent ou honorent l'Hexagone. La France est, par exemple, "médiocrement notée" en matière de prévention, explique Myeurop.info, puisqu'elle arrive au 19e rang dans ce domaine. Sa lutte contre l'alcoolisme semble lui être défavorable, contrairement à l'Italie et l'Espagne qui ont mis en place des politiques jugées plus efficaces. Côté disponibilité des médicaments et leur usage, la France se classe en revanche à la 3e position, même si le recours aux antibiotiques reste excessif.

En matière d'accessibilité des soins, elle atteint la 5e place, derrière la Suisse et la Belgique, mais devant tous les autres grands pays européens. Mais pour ce qui est de l'efficacité de ces mêmes soins, notre pays se place bien loin des Pays-Bas, de la Suisse et du Danemark car il est 12e, derrière l'Allemagne et à égalité avec l'Italie. Sa prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et du cancer est, par exemple, considérée comme bonne, sinon excellente. Le taux de survie pour cette dernière pathologie avoisine d'ailleurs les 70%, taux toutefois inférieur à ceux atteints par la Suisse, l'Irlande ou même la Norvège.

Ajoutons que le temps d'attente nécessaire pour une opération chirurgicale est jugé raisonnable en France, alors que l'Allemagne et la Belgique brillent par leur performance. Et puisqu'il est question d'hôpital, les infections nosocomiales font que la France n'est pas considérée comme un pays extrêmement sûr, à la différence de tous ses voisins du Nord. En effet, elle se place en milieu de classement des 35 pays répertoriés.

En ce qui concerne la prise en charge publique des soins, l'Hexagone obtient une bonne moyenne, signale encore l'indice de consommation de santé. Son taux de prise en charge est de 78%, ce qui est mieux que l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, mais beaucoup moins bien que la Suède, le Danemark et les Pays-Bas (tous à 85%) et le Royaume-Uni (82%). A ce titre, les dépenses de santé de notre pays sont de 11% du PIB, ce qui nous place derrière l'Allemagne (11,3%) mais devant les Pays-Bas et le Danemark.

Si, au final, la Suisse se démarque de l'"EuroHealth Consumer Index", c'est que le pouvoir d'achat y est élevé et que le pays a fait le choix de l'excellence de ses compétences en matière d'offre de soins. Ce qui ne signifie pas pour autant que nos voisins helvètes ont la meilleure santé du monde. Une chose est en revanche certaine, indiquaient récemment Les Echos, c'est que "pour vivre en bonne santé, mieux vaut naître en Europe". En témoigne une autre étude, l'index de Bloomberg, lequel classe les "pays qui sont en meilleure santé" dans le monde.

Ainsi, 169 nations ont été analysées en fonction de critères tels que : l'espérance de vie, les causes de décès (alcool, tabac, obésité), l'accès à une eau de qualité, ou encore la pratique d'une activité physique, explique le quotidien économique. Résultat : l'Espagne satisfait tous ces critères avec un taux de 92,8%. D’où sa première place, suivies de l'Italie (91,6%), de l'Islande (91,4%), à égalité avec le Japon, et de la Suisse (90,9%). Dans ce classement des pays en meilleure santé, la France se situe au 12e rang. Elle fait donc partie des 13 pays européens qui occupent une place dans les 20 premiers du palmarès.

Les régimes alimentaires espagnol et italien semblent être à l'origine de ces excellentes performances. Ils permettent de réduire les risques d'AVC et de Parkinson. Tant et si bien que l'espérance de vie espagnole (aujourd’hui de 83 ans) pourrait dépasser celle du Japon (actuellement de 86 ans) d'ici à 2040.

A titre de comparaison avec certains points des deux précédentes études, notons enfin le bilan sur "la performance du système de soins français à l'aune de l'état de santé de la population", dressé par la Direction de l’information légale et administrative, administration publique placé sous l'autorité du Premier ministre. Selon le site gouvernemental Vie-Publique.fr, ce bilan est "contrasté".

Parmi les points positifs, l'espérance de vie moyenne des femmes (85,4 ans en 2012 et 2014) est largement supérieure à celle des Européennes (82,8 ans en 2012). Côté maladies, l'Hexagone parvient à de bons résultats en matière de traitements des maladies cardio-vasculaires. Si ces dernières demeurent la première cause de décès pour les Françaises, et la deuxième pour les Français, après les cancers, le taux de mortalité est le plus faible d’Europe. En 2009, on comptait 158 décès pour les 100.000 hommes et 92 pour autant de femmes.

En revanche, quatre grands types de causes occasionnent 80% de la mortalité avant 65 ans : les tumeurs (37%), les accidents et autres morts violentes (20%), les maladies de l'appareil circulatoire (14%) et les décès directement liés à l'excès d'alcool (6%). La plupart de tous ces décès pourraient être évités par une modification des comportements (surtout dans la consommation de l'alcool et du tabac), autrement dit si une "prévention plus systématique et organisée" était mise en œuvre.

 

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)