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Spécialiste : toujours plus d’attente pour obtenir un rendez-vous

Les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous chez un médecin spécialiste sont de plus en plus longs, ce qui entraîne des renoncements aux soins.

Il faut 61 jours en moyenne pour obtenir un rendez-vous chez un médecin spécialiste libéral en 2017 (contre 48 jours, en 2012), un délai qui peut atteindre 117 jours pour un ophtalmologiste (contre 104 jours en 2012). C'est ce que montre une étude réalisée par l'Observatoire de l'accès aux soins et l'Ifop pour le cabinet Jalma, publiée par Le Figaro.

Toutes les spécialités sont concernées. En ville, il faut attendre en moyenne 117 jours pour décrocher un rendez-vous chez un ophtalmo, soit 13 de plus qu'en 2012. Mais aussi 68 jours chez un gynécologue (+13 jours) ou 64 jours chez un dermatologue (+23 jours). Avec des différences très marquées, selon les régions, Les Hauts-de-France (Nord) étant la plus pénalisée. Quant au généraliste, il faut désormais patienter une semaine, le double qu'en 2012, pour avoir une consultation.

A l'hôpital, les délais d'attente, en dehors des urgences, sont parfois plus courts qu'en médecine de ville.

Les délais sont la première cause de renoncement aux soins, selon le baromètre Jalma. Pour les spécialistes, 65% des Français renoncent à se faire soigner en raison des difficultés à obtenir un rendez-vous dans un délai suffisamment rapide, contre 46% en raison du coût de la consultation.

Les délais d'attente ne devraient pas aller en s'améliorant. Alors que 47% des généralistes ont plus de 55 ans, la démographie médicale ne permet pas de pallier les nombreux départs à la retraite, ainsi que l'augmentation de la demande de soins liée au vieillissement de la population et à l'explosion des maladies chroniques.

Le cabinet Jalma explique aussi l'allongement des délais d'attente par le développement des "exercices particuliers", qui pratiquent des actes aux tarifs libres. En clair, une partie des médecins, jugeant que leurs honoraires n'ont pas été suffisamment réévalués, préfèrent se concentrer sur des activités librement tarifées, ce qui diminue progressivement l'offre de soins de ville, explique Le Figaro-économie.

"Ce phénomène réduit le temps que les généralistes accordent à l'exercice régulier de la médecine", estime Mathias Matallah, président de Jalma, indiquant qu'un praticien ayant un "exercice particulier" effectue moins de 2.000 consultations par an, contre 3.500 pour un confrère en médecine régulière.

"Le phénomène, porté par l'explosion de la médecine esthétique, touche surtout un nombre croissant de spécialités comme la dermatologie, l'ophtalmologie ou la dentisterie", constate Mathias Matallah. Il cite en particulier les dermatologues qui font de plus en plus de chirurgie esthétique, les ophtalmos qui s'adonnent à la chirurgie des paupières ou les dentistes au blanchiment des dents.

Pour remédier aux délais d'attente chez les professionnels de santé, tous les candidats à la présidentielle veulent augmenter le nombre de maisons de santé pluridisciplinaires (MSP). François Fillon souhaite les développer, mais il suggère de donner "plus de liberté" aux médecins et de "les laisser s'associer comme ils l'entendent".

De son côté, Emmanuel Macron veut doubler le nombre de maisons de santé pluridisciplinaires (1.200 aujourd'hui) et souhaite favoriser les partenariats entre l'hôpital et la médecine de ville, indique Le Figaro.

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John Sutton

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