Perturbateurs endocriniens : Nicolas Hulot veut appliquer le principe de précaution

Le ministre de la Transition écologique veut "faire bon usage du principe de précaution" concernant les perturbateurs endocriniens.

"Très sincèrement, on a mis en œuvre tous les moyens possibles. Pas une heure n'a été perdue !" dans la gestion de l'ouragan Irma, affirme le ministre de la Transition écologique, dans un long entretien publié dans Le Parisien. "Je veux bien qu'on polémique sur tout, mais enfin comment peut-on imaginer que les services de l'Etat, le gouvernement, les ministres, les techniciens et toutes les équipes sur place soient restés pantois face à la catastrophe ?", s'indigne Nicolas Hulot.

Un lecteur du Parisien l'interroge sur l'opposition de la France à l'utilisation du glyphosate pendant dix ans, "alors qu'il n'y a pas de preuve qu'il soit un perturbateur endocrinien". "Au prétexte que les faits ne sont pas aujourd'hui avérés, parce qu'il est compliqué de prouver la toxicité immédiate d'un produit, il faudrait attendre qu'il y ait un certain nombre de victimes du glyphosate pour commencer à s'en préoccuper ? Moi, je ne veux pas ça", réplique le ministre. "Le principe de précaution, beaucoup le fustigent, mais si on l'avait utilisé, notamment dans l'amiante, on n'en serait pas là. Il y a des territoires en France où des agriculteurs n'utilisent pas le glyphosate, et ça marche...", assure-t-il.

"Où en sont les évaluations lancées sur les perturbateurs endocriniens ?", l'interroge un autre lecteur. Le texte européen, adopté le 4 juillet, fait en sorte qu'on puisse définir comme perturbateurs ceux qui sont présumés et pas seulement avérés, répond Nicolas Hulot. "Le texte n'est pas parfait, reconnait-il. Mais nous avons obtenu d'élargir les domaines de recherche des perturbateurs aux jouets et aux cosmétiques et plus seulement au secteur agricole."
"Notre gouvernement pourra retirer unilatéralement ces substances du marché si elles s'avèrent effectivement nocives", affirme le ministre de la Transition écologique.

"Il ne faut pas céder aux phobies, mais on déverse tous les jours dans l'atmosphère ou la chaîne alimentaire des centaines de molécules dont on ne mesure pas encore la potentielle gravité, explique-t-il. Moi, je veux faire bon usage du principe de précaution." "Les milliers de victimes de l'amiante auraient bien aimé qu'on prenne le temps de l'évaluation à l'époque", juge-t-il.

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John Sutton

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