croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Opioïdes : overdoses en hausse

Médicaments prescrits pour gérer la douleur, les opioïdes sont aussi de dangereuses drogues. Le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) les classe au premier rang des causes de décès par overdose.

Bien qu'en France la dépendance aux opioïdes soit encore faible, il faut rester vigilant, prévient Libération. Le dernier rapport annuel de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) souligne en effet une augmentation de l'usage des opiacées dans le monde, avec des conséquences dramatiques.

En 2015, sur les 255 millions de consommateurs de drogue, 35 millions ont absorbé des opioïdes en les détournant de leur mission première : calmer la douleur, rapporte le quotidien. Soient 2 millions de plus que l'année précédente. Une courbe ascensionnelle particulièrement inquiétante, puisque les overdoses mortelles liées à ces médicaments sont fréquentes.

Aux Etats-Unis et au Canada, souligne Le Monde, on en compte 60.000 par an.

Les opioïdes, explique Libération, sont "normalement prescrits pour soulager les douleurs les plus aiguës comme lors d’un cancer". Ils peuvent également être distribués aux patients "pour des maux chroniques tels l’arthrite ou le mal de dos". Et beaucoup sont vendus librement en pharmacie.

Certains cachets d’opioïdes synthétiques vendus au marché noir sont particulièrement néfastes, car fabriqués avec des quantités variables de composants actifs. Ils peuvent parfois être 10.000 fois plus puissants que la morphine.

Le Carfentanil est un de ces antalgiques. Quand il est pur, un soupçon de Fentanyl illicite est suffisant pour tuer un homme. On estime qu'il est 40 fois plus puissant que l'héroïne. Le Tramadol, s'il est associé à d’autres molécules, comme les benzodiazépines (Xanax, Lexomil, Valium, Témesta…), ou à des médicaments apparentés (Stilnox, Imovane…), entraîne quant à lui un risque de surdose plus important encore.

Selon l'ONUDC, par rapport aux autres types de stupéfiants, la consommation abusive d’opioïdes est la plus dangereuse pour la santé. En 2015, 12 millions d'années de vie en bonne santé ont été perdues de leur fait.

Si, pour l'heure, le phénomène se localise surtout en Amérique du Nord, en Nouvelle-Zélande et en Australie, l’Europe de l’Ouest n'est pas épargnée. Notamment la France, qui connaît une courbe de croissance de même ampleur qu'aux Etats-Unis.

Selon une étude menée au CHU de Clermont-Ferrand auprès de personnes intoxiquées après un surdosage d’antalgiques opiacés, les femmes d’une soixantaine d’années, ne souffrant pas de pathologies cancéreuses, sont les premières consommatrices (57%). Près de la moitié (44%) d'entre elles n'ont pas eu de prescription pour obtenir leur médicament. Ce qui laisse supposer que l’opiacé incriminé pourrait souvent être en vente libre, indique Libération.

C'est le cas du Codoliprane, un médicament qui associe paracétamol et codéine.

"Il faut donc mieux former les professionnels de santé et aussi les patients à mieux les utiliser, plutôt que les interdire, car les alternatives thérapeutiques sont très limitées et, bientôt, on n’aura plus de médicaments contre la douleur", prévient, dans Le Monde, le Pr Serge Perrot, responsable du centre de la douleur de l’hôpital Cochin.

A lire aussi dans la presse

 

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)