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Médicament : un rapport pour améliorer l’information

La mission relative à l'amélioration de l'information des usagers et des professionnels de santé sur le médicament a remis son rapport le 3 septembre 2018 à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Ce document formule plusieurs recommandations pour rétablir la confiance.

Le rapport sur l'amélioration de l'information des usagers et des professionnels de santé sur le médicament a été officiellement remis le 3 septembre 2018 à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Ce document résulte des travaux de la mission présidée par le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et chroniqueur santé, et Magali Leo, responsable du plaidoyer de l'association Renaloo.

Installée le 1er décembre 2017 suite à la crise du Lévothyrox®, cette mission formule une série de recommandations pour remédier aux "défaillances observées […] dans l'information apportée aux patients et aux professionnels de santé", indique le rapport. Mais son travail "n'a, en aucune manière, pour objet de conduire une expertise ou une enquête sur le Lévothyrox®, ces dernières étant menées par ailleurs", précise-t-il.

La mission considère que les autorités sanitaires, les professionnels de santé et les patients "doivent être reliés par une chaîne d'information et de communication continue et circulaire", de façon à renouer avec une "confiance réciproque". Il importe que "chacun ait confiance dans les processus d'évaluation des risques des médicaments et de lutte contre les événements indésirables mis en place, avant et après la commercialisation des médicaments", prévient la mission.

Une plateforme "Médicament Info Service"

Pour cela, le rapport préconise notamment de créer une plateforme "Médicament Info Service", composée d'un site Internet www.medicament-info-service.fr et d'une ligne téléphonique à destination du grand public et des professionnels de santé. Cette plateforme serait pilotée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), à qui la mission envisage de confier "la responsabilité de communiquer officiellement sur le médicament".

L'enjeu de cette plateforme, qui rassemblerait l'ensemble des "contenus authentifiés et labellisés", vise à "améliorer la culture générale du médicament". "Pour se comprendre, il faut parler la même langue", lance la mission. Cette dernière estime qu'un "effort particulier" doit être "déployé sur la pédagogie relative à la balance bénéfices/risques des médicaments et sur la constitution d'espaces interactifs pour répondre aux questions des patients et des professionnels de santé". L'accessibilité à une information compréhensible de tous apparaît comme une priorité.

Pour une meilleure circulation de l'information sur le médicament, la mission recommande également d'utiliser activement les supports existants, tels que le carnet de santé ou le dossier médical partagé (DMP). Autre outil à privilégier dans ce cadre : le dossier pharmaceutique. Les pharmaciens doivent être sensibilisés "à l'utilité d'y faire figurer tous les médicaments délivrés, y compris les médicaments non remboursables par les régimes d'assurance maladie obligatoires".

"Un effort accru de transparence"

Réclamant "un effort accru de transparence" à toutes les étapes de vie du médicament, "le rapport propose de "faciliter l'accès aux données et documents scientifiques et économiques à l'origine des décisions prises par l'administration". A l'avenir, l'autorisation de mise sur le marché (AMM) d'un médicament ne devra plus "être présentée comme un certificat d'innocuité".

Autre conseil pour faire progresser la transparence : "Associer fortement les représentants d'usagers à la prise de décision et à la communication sur le médicament." En contrepartie, le champ du "Sunshine Act", qui oblige les professionnels de santé à déclarer leurs liens d'intérêts avec des entreprises, pourrait être étendu à d'autres acteurs, comme les patients experts.

Améliorer la pharmacovigilance

La pharmacovigilance fait partie des améliorations attendues, en particulier sur "le suivi en vie réelle des médicaments", qui demeure "très insuffisant malgré les risques que présentent nombre d'entre eux". La mission suggère d'utiliser, pas seulement en cas d'événement grave, les remontées de terrain issues des professionnels de santé, des patients et des associations de patients. Ces derniers "doivent être reconnus comme étant des acteurs clés et écoutés du suivi en vie réelle".

Enfin, la mission évoque la création d'une cellule appelée "Vigimédicament" pour "structurer le process d'anticipation et de gestion de crise". Réunissant les professionnels de santé, les associations de patients et les industriels du médicament, cette instance "aurait vocation à déterminer les critères permettant d'attribuer en amont un score de risque aux décisions prises par les autorités publiques". En cas de crise avérée, la communication devrait dépendre d'une seule personne, à savoir le président de Vigimédicament ou le directeur général de la Santé, prévoit la mission.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)