Addictions : l’expertise des malades enfin reconnue

De nouvelles formations universitaires permettent à d'anciens malades d'accompagner des patients dans leur parcours thérapeutique. Le dispositif a déjà fait ses preuves pour les addictions.

"Catherine Tourette-Turgis accueille avec enthousiasme l'annonce d'une promotion de patients-experts diplômés à Paris Sud. C'est à cette professeure en éducation thérapeutique que l'on doit l'ouverture en 2009 des premiers diplômes universitaires en éducation thérapeutique à des malades chroniques, au sein de l'université Pierre et Marie Curie à Paris", rapporte Le Figaro (page 11).

Quelque 123 patients-experts, souffrant de diverses pathologies chroniques (cancer, VIH, diabète, sclérose en plaques…), sont déjà sortis diplômés de cette filière.

L'offre de formations s'est élargie à la rentrée 2016. Outre le DU d'éducation thérapeutique, deux formations ont été créées : accompagnement du parcours "patient en cancérologie" et "démocratie en santé". "55 étudiants sont inscrits cette année, sans que nous ayons fait de publicité !, se réjouit, dans Le Figaro-santé, la Pre Tourette-Turgis. Il y avait une double demande, de la part des malades d'abord, et des hôpitaux également."

Plusieurs débouchés sont envisageables, détaille le quotidien : médiateur entre une population difficile à atteindre (comme les malades psychiatriques) et les soignants, éducateur thérapeutique pour apprendre à d'autres malades à être plus autonomes dans la gestion de leur pathologie, représentant des patients au sein de structures de décision (ARS, hôpitaux…).

"La maladie, ça griffe, ça esquinte, mais ça donne aussi la niaque." Vincent a connu l'enfer de la dépendance pendant vingt-cinq ans.

"Dix ans d'héroïne, dix ans de cocaïne et, enfin, l'alcool", énumère-t-il. Aujourd'hui bénévole pour l'association qui l'a accompagné dans son sevrage, cet ex-agent immobilier a rapidement souhaité faire de la prévention en milieu scolaire son métier. Il fait aujourd'hui partie de la première promotion française de "patients-experts" diplômés en addictologie, indique Le Figaro-santé.

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John Sutton

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