Recul de l’accès aux soins des plus pauvres en France

Si la France s'enorgueillit de son système de santé, un rapport de l'OCDE pointe certaines failles : les pauvres renoncent, par exemple, de plus en plus aux soins, une situation un peu moins bonne que la moyenne européenne.

Pour la quatrième édition de son Panorama de la santé, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a procédé à un véritable scanner des vingt-huit pays de l'Union. En ce qui concerne la France, le millésime 2016 de cette vaste étude montre des signes inquiétants, en particulier pour le renoncement aux soins.

Comme le rapportent en effet Les Echos, les plus pauvres sont 6,6% à renoncer à se faire soigner, alors que la moyenne européenne est de 6,4%.

Certes, le taux de renoncement aux soins de la population globale pour diverses raisons (éloignement géographique, délais, financement) est moins prononcé : en 2014 il a été de 2,8%, contre 3,3% pour la moyenne européenne.

Mais pour les 20% les plus pauvres, force est de constater que les filets de sécurité n'ont pas suffi à réduire les inégalités financières d'accès aux soins, indique le quotidien.

Ces inégalités sont particulièrement apparentes en matière de soins dentaires. Chers, les soins prothétiques et orthodontiques, notamment, sont mal remboursés par l'assurance maladie. Dans leur ensemble, les Européens sont 5,5% à renoncer à ces soins.

Evidemment, remarque l'OCDE, le renoncement aux soins dépend de la faiblesse des revenus. En France, "quelque 12% de la frange la plus pauvre ne se font pas soigner, alors que ce n'est le cas que de 1,6% des plus riches. Elle fait donc partie des pays les plus inégalitaires d'Europe, derrière l'Espagne, l'Italie ou la Grèce".

Selon le rapport, la crise financière de 2008 est en partie responsable de ce recul de l'accès aux soins, qui prend un peu plus d'ampleur depuis 2013.

Il y a donc urgence à organiser "des systèmes de soins primaires (de première ligne, comme le recours au généraliste, pharmacien…) solides pour réduire les inégalités et faire face au vieillissement de la population", rapporte encore Le Monde, tout en rappelant que les plus de 65 ans devraient atteindre 30% en 2060 (contre 20% en 2015).

Outre le renoncement aux soins, complète La Croix (page 9), la France pêche aussi dans le domaine de la prévention. En effet, elle n'y consacre que "1,9% de ses dépenses de santé, contre 3% en moyenne dans l'Union". Or, affirme l’OCDE dans Le Monde, "de meilleures politiques publiques de santé et de prévention pourraient contribuer à sauver des centaines de milliers de vies et à économiser plusieurs milliards d’euros chaque année en Europe".

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Frédéric Lavignette

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