Michel Rocard : le « père » de la CSG et du RMI

L'ensemble des quotidiens, que ce soit dans les éditions papier parues dimanche ou dans les versions numériques, retracent le parcours de l'ancien Premier ministre Michel Rocard, décédé samedi à l'âge de 85 ans. Homme politique au destin présidentiel contrarié, mais laissant un "vrai héritage", celui de la "gauche moderne", écrit Le Monde. "Il incarnait la gauche moderne", souligne, en écho, Le Parisien/Aujourd'hui. "Michel Rocard : le cœur et la raison", titrait hier, à la "une", Le Journal du dimanche, qui revient sur "l'œuvre inlassable d'un réformiste".

"Derrière une apparente simplicité, Michel Rocard, (…) fut un homme politique paradoxal et compliqué. Rénover la gauche, la réconcilier avec le réel, allier le concret et la rigueur, c'était sa voie. Elle ne l'empêcha pas de prendre des chemins de traverse", commente Le Monde. Père de la "deuxième gauche", il voulait incarner une vision rénovée de la gauche, tenant compte des "contraintes de l'économie mondialisée", sans toutefois "renoncer aux ambitions sociales".

A l'annonce de son décès, le président de la République a salué l'incarnation d'un "socialisme conciliant utopie et modernité" par un "rêveur réaliste". De son côté le Premier ministre, Manuel Valls, s'est déclaré "fier" d'être "rocardien" et s'est senti "un peu orphelin", après sa disparition.

De son passage à Matignon (1988-1991), Michel Rocard a laissé deux mesures phares: le revenu minimum d'insertion (RMI) et la contribution sociale généralisée (CSG), note Libération.

La CSG, qui sert exclusivement à financer la protection sociale, rapporte aujourd’hui autour de 90 milliards d’euros par an, soit davantage que l’impôt sur le revenu. Elle "a été bien acceptée par les Français car la mesure semblait juste et facile à comprendre. Les gouvernements successifs n’ont d’ailleurs cessé d’augmenter son taux", constate La Croix. "La création de la CSG incarne parfaitement le « rocardisme » : une capacité à inventer des mécanismes complexes, nouveaux, pouvant assurer une transformation durable de la société car ayant une capacité de se développer avec le temps", explique le quotidien catholique.

"Il a réussi la même chose avec le RMI, qui reste la plus ambitieuse mesure sociale de ces trente dernières années, poursuit La Croix. Cette réforme, adoptée en 1988, "visait à lutter contre les nouvelles pauvretés, en créant une allocation minimale pour les personnes en difficultés. "Mais elle s’installe rapidement comme un filet de sécurité indispensable, bénéficiant à plus de 1,2 million de personnes au tournant des années 2000", souligne La Croix. Le RMI a été remplacé en 2009 par le RSA (revenu de solidarité active), qui crée une obligation pour le bénéficiaire de chercher du travail ou de se former. Plusieurs pays européens ont créé un système similaire. Pour le mouvement mutualiste, le nom de Michel Rocard est plus spécifiquement attaché à son rapport de 1999 visant à adapter la directive Solvabilité 1 aux spécificités mutualistes.

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John Sutton

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