Silence radio : l’escape game sur la santé mentale des jeunes

Silence radio aborde de manière ludique la santé mentale auprès des 15-25 ans. À l’occasion de la Semaine nationale de la prévention Santé (1-7 juin 2026), focus sur cet escape game créé par les unions régionales Bretagne et Normandie de la Mutualité Française. Les participants ont 45 minutes pour trouver pourquoi Camille, une lycéenne, a disparu. Découverte de l’intrigue au lycée Jean Moulin, à Saint-Brieuc.

Depuis la pandémie du Covid-19, les alertes se multiplient sur la santé mentale des jeunes, qui se dégrade et devient préoccupante. Ainsi, 25% des jeunes présentent des signes de dépression, a révélé une étude de la Mutualité Française et des Instituts Montaigne et Terram intitulée « Santé mentale des jeunes de l’Hexagone aux Outre-mer. Cartographie des inégalités ».

À l’échelle mondiale,le suicide est la 3e cause de décès chez les 15-29 ans, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

En Bretagne, le taux de suicide est plus élevé que la moyenne nationale pour les 15-24 ans. L’Observatoire régional de la santé (ORS) Bretagne a recensé 7,6 décès par suicide pour 100 000 habitants contre 5,8 au niveau national, sur la période 2021-2023.

S’informer sur la santé mentale en jouant

Pour sensibiliser les 15-25 ans à la santé mentale et déstigmatiser ce sujet, la Mutualité Française Bretagne et la Mutualité Française Normandie ont donc créé Silence radio. Des élèves de seconde du lycée Jean Moulin, à Saint-Brieuc, ont testé ce jeu le 9 avril 2026. Leur défi à relever : découvrir pourquoi leur camarade Camille a disparu. En ouvrant son sac à dos, les joueurs rassemblent des indices pour comprendre ce qu’elle traverse : pressions scolaires, isolement, troubles du sommeil, comparaison sociale, etc. 

Cet escape game présente de manière ludique :

  • Les facteurs qui peuvent impacter la santé mentale : addictions, réseaux sociaux, manque de sommeil, etc ;
  • Des recommandations pour aller mieux : pratiquer du sport, bien manger, diminuer sa consommation d’écrans, renforcer l’estime de soi et la confiance en soi ;
  • Les ressources : au-delà de la famille et des amis, savoir qui contacter en cas de besoin, notamment le numéro national de prévention du suicide, le 3114.

Un protocole en santé mentale au lycée

Pour repérer et prendre en charge les élèves en souffrance, les lycées appliquent un protocole en santé mentale » depuis 2025. Un état des lieux est réalisé chaque année. Un questionnaire santé, distribué aux élèves de seconde et de terminale, aborde la santé mentale. Il permet de recueillir des informations et d’élaborer des statistiques sur le mal-être dans l’établissement.

Une équipe « repère » constituée de deux volontaires parmi les enseignants, surveillants, ou le conseiller principal d’éducation (CPE), signale et adresse les élèves, dont le mal-être est identifié, à l’équipe « ressource » : infirmière, assistante sociale et psychologue. Ces professionnels prennent en charge les lycéens ou font appel à des professionnels de santé en externe.

Marie Mazaudier, infirmière, dresse le bilan de ce dispositif au lycée Jean Moulin de Saint-Brieuc.

Enquête « Santé mentale des jeunes »

Publiée le 2 septembre 2025, l’enquête « Santé mentale des jeunes » de la Mutualité Française et des instituts Montaigne et Terram a permis d’interroger 5 633 jeunes âgés de 15 à 29 ans, au sein de l’Hexagone et dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM).

Cette étude révèle une jeunesse touchée par un mal-être indéniable : un quart des jeunes présente des signes de dépression ! Ce constat concerne plus particulièrement les jeunes de la population féminine, ceux en situation de précarité ou qui habitent dans les métropoles et les DROM :

  • La dépression touche ainsi 27% des jeunes femmes, contre 22% des jeunes hommes ;
  • 39% des ultramarins souffrent de dépression, contre 28% de leurs homologues en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ;
  • 27% des urbains sont également affectés, contre 20% des ruraux ;
  • 47% des jeunes en grande précarité sont en dépression, près de trois fois plus que les jeunes sans difficultés économiques (16%).

Auteur / Autrice : Lala Moulay