Démographie médicale : trop d'inégalités

245 847 : c’est le nombre de médecins en activité inscrits au tableau de l’Ordre des médecins au 1er janvier 2026.

Evolution de l’effectif des médecins en activité depuis 2010

Source : Atlas de la démographie médicale en France – situation au 1er janvier 2026, Conseil national de l’ordre des médecins – CNOM, mars 2026

L’effectif de médecins en activité connaît une augmentation de 1,9 % par rapport à 2025, soit au total une hausse de 14 % depuis 2010. Pourtant, cette progression masque des inégalités territoriales importantes qui persistent. Les départements abritant les grandes villes et ceux situés sur les littoraux ou aux frontières concentrent les densités les plus élevées : Paris enregistre 917,8 médecins pour 100 000 habitants, contre seulement 175,2 pour l’Ain ou 176,3 pour l’Eure. Certains territoires voient même leur situation se dégrader depuis 2010 : la Creuse a perdu 14,1 % de densité médicale en seize ans, le Cher 14 %. Le Centre-Val-de-Loire reste la région la moins dotée de métropole avec 266,1 médecins pour 100 000 habitants, loin derrière la Provence-Alpes-Côte d’Azur (432,1) ou l’Île-de-France (396,1). Autrement dit, là où la population vieillit souvent le plus vite, les médecins sont aussi les moins nombreux.

L’année 2026 marque un tournant dans la profession : pour la première fois, les femmes sont plus nombreuses que les hommes parmi les médecins en activité, avec 124 155 femmes pour 121 691 hommes, soit 50,5 % des effectifs. En 2010, elles ne représentaient que 40,1 %. Cette féminisation est généralisée à l’ensemble du territoire, mais reste inégale selon les départements : l’Isère, la Savoie, la Loire-Atlantique et les Hauts-de-Seine affichent des taux de féminisation allant jusqu’à 58,3 %, tandis que la Guyane, la Nièvre ou la Haute-Marne comptent toujours plus d’hommes que de femmes.

Les engagements de la Mutualité Française

Pour faire face aux inégalités liées à la démographie médicale, la Mutualité Française soutient notamment le développement d’espaces de santé pluriprofessionnels, comme les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), qui favorisent la coopération entre médecins de ville, spécialistes, établissements de santé et acteurs médico-sociaux. Elle plaide également pour un renforcement du partage de compétences entre professionnels de santé, en s’appuyant sur les compétences de certaines professions, dont le maillage territorial peut compenser partiellement le manque de médecins dans les zones sous-dotées.

Sources :