Financement : nouvelles recettes et gains d’efficience
La Sécurité sociale accuse un déficit de 21,6 milliards d’euros en 2025, dont 15,9 milliards pour la branche maladie. Dans ce contexte critique, comment rendre soutenable le financement de la protection sociale ? L’atelier territorial des Etats généraux de la santé et de la protection sociale à Dijon a planché sur cette question pour sortir de l’impasse.
Revoir les exonérations de cotisations sociales, réduire le nombre des actes médicaux inutiles ou redondants, faire prendre conscience du coût de la santé ou encore taxer les revenus financiers des entreprises… Réunis le 29 avril 2026 à Dijon, les 80 participants de l’atelier territorial des Etats généraux de la santé et de la protection sociale ont proposé plusieurs solutions pour gagner en efficience et assurer le financement de la santé dans les prochaines années.
Les Français attachés au modèle de protection sociale
Les avis sont unanimes : 93% des citoyens et 90% des professionnels de santé et de l’accompagnement se disent attachés au modèle de protection sociale français, selon les résultats de la consultation en ligne des Etats généraux de la santé et de la protection sociale. Une démarche initiée par la Mutualité Française et plus de 50 organisations de la société civile. Les citoyens et les professionnels ont exprimé leurs attentes sur le site Placedelasante.fr, du 17 novembre 2025 au 17 février 2026.
Un déficit conséquent
Mais il faut aujourd’hui défendre ce modèle solidaire. Le vieillissement de la population réduit la base des actifs qui cotisent. Conséquence de cette évolution démographique, les dépenses de santé, de retraite et d’accompagnement de la perte d’autonomie augmentent.
Le déficit des régimes de base de la Sécurité sociale et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) a atteint 21,6 Md€ en 2025, indique un communiqué publié le 19 mars 2026 par la Direction de la Sécurité sociale. À elle seule, la branche maladie est déficitaire de 15,9 milliards d’euros.
Maîtrise des dépenses et lutte contre la fraude
Les répondants à la consultation des Etats généraux sont opposés à la financiarisation et à la privatisation de la santé. Pour agir et pérenniser notre système de protection sociale, 74% des citoyens et 63% des professionnels de santé et de l’accompagnement préconisent de mieux maîtriser les dépenses de santé. Ils proposent aussi majoritairement d’augmenter les pénalités financières en cas de fraude (70% des citoyens, 60% des professionnels).
Autre solution pour financer la santé à moindre coût : « Mutualiser les moyens », comme l’explique Elisabeth Dounon, formatrice prévention, interrogée à l’issue de l’atelier à Dijon.
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