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Publié le 28/04/2006, Dernière mise à jour le 02/04/2007
Lutte contre les dépendances, lancement du dépistage du cancer colorectal et de l’utérus, évaluation du dépistage du cancer de la prostate : Jacques Chirac annonce des mesures pour donner "un nouvel élan" au plan national de lutte contre le cancer, trois ans après son lancement.
Tabac, alcool, cannabis, le plan national de lutte contre le cancer va désormais cibler ces addictions. C’est la principale annonce exprimée par Jacques Chirac le 27 avril 2006, à l’occasion de la présentation de la deuxième étape du plan cancer. Pour le président, "ces addictions sont des causes majeures de cancer. Elles doivent être traitées comme des maladies."
Pour y parvenir, les centres hospitaliers universitaires seront dotés d’un service d’addictologie "dans les prochains mois". Les médecins devraient également bénéficier de formations spécifiques. Après avoir repoussé l’interdiction de fumer dans les lieux publics, Jacques Chirac a annoncé que le gouvernement reviendra sur ce sujet d’ici à la fin 2006 .
Dépistage du cancer de la prostate
Le président de la République a également présenté de nouvelles mesures à venir en matière de dépistage. Après la généralisation du dépistage du cancer du sein, le chef de l’Etat veut en faire de même pour le cancer colorectal et celui de l’utérus. Le dépistage du cancer de la prostate, particulièrement meurtrier chez l’homme, devrait être évalué dans des régions pilotes en 2007.
Initié en 2003, le plan cancer a notamment permis de multiplier par deux le nombre de mammographies pour les femmes de 50 à 74 ans. Toutefois, force est de constater que trop de femmes ne s’y prêtent toujours pas. En conséquence, le président a demandé à l’Institut national du cancer et à l’assurance maladie "de s’engager pour que le dépistage du cancer du sein devienne plus qu’un droit : une réalité pour toutes les femmes."
Dernier point : la généralisation des consultations destinées à l’annonce du diagnostic sont à l’ordre du jour. Cette mesure demande de former les médecins aux aspects psychologiques indispensables liés à l’annonce de la maladie. Si cette mesure était jusqu’à maintenant réservée aux grands hôpitaux parisiens, elle devrait désormais être déployée au niveau national. Enfin !
Profitant de la présentation de son "nouvel élan" pour renforcer le plan national de lutte contre le cancer, le président de la République a mis l’accent sur les problèmes d’accès aux prêts et aux assurances après un cancer. Il a souhaité que les négociations pour améliorer les dispositions de la convention Bélorgey aboutissent avant le 30 juin 2006. "Un projet de loi sera ensuite déposé, soit pour consacrer les avancées de la négociation, soit, le cas échéant, pour s’y substituer", a-t-il prévenu. La convention Bérlogey, dont la Mutualité Française est signataire, doit améliorer l’accès aux assurances et aux crédits bancaires des personnes présentant un risque médical aggravé.
Cette annonce intervient quelques jours après la parution d’une expertise de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) révélant que le risque de mourir d’une rechute de cancer est faible : dix ans après le diagnostic de la maladie, le risque de surmortalité serait de seulement 2%, tous types de cancers confondus. Ce taux, déjà très faible, "ne cesse de baisser", notent les chercheurs. Derrière ces chiffres encourageants, l’Inserm souhaite ainsi "apporter une pertinence scientifique aux tarifications appliquées par les établissements de crédit et d’assurance".
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