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Publié le 28/02/2006, Dernière mise à jour le 10/12/2007
La France est le pays où l’on consomme le plus de veinotoniques. Pourtant, ces produits ne soignent ni la cause, ni l’évolution des maladies veineuses. C’est pourquoi la Sécurité sociale programme leur déremboursement total pour 2008.
L’insuffisance veineuse toucherait dix-huit millions de Français, soit une personne sur trois. Or, la prise en charge médicale n’est pas à la hauteur de ces inquiétantes statistiques : on se contente trop souvent d’un traitement symptomatique à coups de veinotoniques… sans s’attaquer aux racines du mal.
Mieux vaut manger des oranges
Les veinotoniques limitent en partie la dilatation de la veine, mais ils ne soignent pas la maladie elle-même. De plus, leurs principes actifs (les flavonoïdes) se retrouvent à l’état naturel dans de nombreux végétaux. Manger des oranges serait tout aussi efficace qu’avaler un médicament !
Ces veinotoniques ont été classés dans la catégorie des médicaments à service médical rendu insuffisant par la Haute Autorité de santé (HAS) : leur intérêt thérapeutique est trop faible pour mériter d’être couverts par la Sécurité sociale. C’est ce qui vient de conduire le gouvernement à diminuer de façon substantielle la prise en charge de quelque 62 spécialités.
Ces produits, désormais reconnaissables à leur vignette orange, sont remboursés à 15 % par l’assurance maladie obligatoire depuis le 1er février 2006, première étape à un déremboursement total en 2008.
Des alternatives existent
"Cette mesure n’est pas une surprise, observe le Dr Pierre Ambrosi, praticien hospitalier et professeur à la faculté de médecine de Marseille, coauteur d’une étude pour l’Observatoire national des prescriptions et consommations des médicaments sur La prescription et la consommation des veinotoniques en ambulatoire (1999). Cette étude révèle notamment que les Américains et les Britanniques, pourtant soumis aux mêmes affections que les Français, ne consomment quasiment pas de veinotoniques."
Selon ce cardiologue, "les bas de contention sont plus efficaces pour lutter contre les jambes lourdes." La bonne méthode, pour contrer les insuffisances veineuses légères, est d’adapter son mode de vie. "Pas de bain de soleil, pas de chauffage par le sol, pas de station debout prolongée, pas de talons trop hauts, conseille-t-il. Il faut pratiquer un sport comme la natation, la marche rapide ou le jogging !"
Des interventions de moins en moins douloureuses
Pour les situations les plus graves, différents traitements existent. Si des varices apparaissent, une intervention peut être envisagée selon leur taille, leur localisation et la douleur qu’elles procurent. Sclérothérapie, chirurgie et, dans certains cas, laser endoveineux : les techniques sont de plus en plus efficaces… et de moins en moins douloureuses.
Si un ulcère veineux se déclare, il faut traiter en urgence afin d’éviter une surinfection. Quel que soit le niveau de votre gêne, rien ne sert de souffrir en silence : mieux vaut consulter sans perdre un instant.
Des pieds jusqu’au cœur, le sang doit parcourir près de 1,5 mètre dans les veines. Deux mécanismes lui permettent d’accomplir ce trajet : la compression de la voûte plantaire, qui propulse le sang vers le haut, et les valvules, sortes de clapets anti-retour situés dans la partie interne de la veine, qui empêchent le sang de redescendre sous l’effet de la gravité. Lorsque ces valvules fonctionnent mal, on parle d’insuffisance veineuse. Le sang reflux vers les jambes, les veines se distendent avec un risque d’inflammation. Les complications sont fréquentes et de gravité variable : varices, œdèmes, ulcères…
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