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Publié le 08/06/2006, Dernière mise à jour le 18/05/2007
Jean-Pierre Davant a ouvert le 38e congrès de la Mutualité Française, le 8 juin, en présence du président de la République, Jacques Chirac. Au centre des discours : la réforme de l’assurance maladie et le parcours de santé mutualiste.
"Les premiers résultats de la réforme sont là", s’est réjoui Jacques Chirac en ouverture du 38e congrès de la Mutualité Française, le 8 juin 2006. "Mais l’effort doit être poursuivi", a-t-il insisté. "La généralisation du dossier médical personnel devra être engagée dès l’an prochain. Il ne saurait y avoir de retard pour mettre en place ce progrès essentiel pour la qualité des soins". Pour améliorer l’accès aux soins, le chef de l’Etat souhaite également étendre le dispositif d’aide à l’acquisition d’une complémentaire. Aujourd’hui, celui-ci est ouvert aux personnes dont les revenus sont supérieurs à15 % du plafond de la couverture maladie universelle (CMU). Jacques Chirac veut porter ce plafond à "20%".
Aujourd’hui, près de 80% des consultations ont lieu dans le cadre du parcours de soins coordonnés. Pour le chef de l’Etat, les Français ont "compris que le médecin généraliste devait être le pilier d’un système de soins organisé". Mais Jacques Chirac note néanmoins que la qualité des soins nécessite un "véritable suivi médical", "de la prévention" et une bonne orientation. "C’est cette orientation que vous voulez approfondir en instituant un parcours de soins mutualiste", a-t-il déclaré aux 4000 délégués mutualistes venus de toute la France.
N’oublier personne en chemin
Pour Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité Française, "la qualité des soins dispensés sur l’ensemble du territoire n’est pas homogène". Une situation d’autant plus préjudiciable que les principales victimes sont souvent les personnes "qui sont les moins informées et financièrement les plus démunies". Le président de la Mutualité regrette notamment que la France connaisse des difficultés "pour instituer une culture de résultat et de transparence dans le domaine de la santé".
Pour faire face à ces inégalités de qualité des soins, le parcours de santé mutualiste doit permettre aux patients de mieux se repérer dans notre système de santé. "Nous allons envisager de faire évoluer le rôle que nos mutuelles tiennent auprès de leurs adhérents, a lancé Jean-Pierre Davant. Nous étudierons la possibilité d’identifier pour eux, sur l’ensemble du territoire, les circuits qui rassemblent les meilleures compétences, donc la plus grande sécurité".
"Il nous semble nécessaire de bâtir un nouveau cadre de services à nos adhérents qui tienne compte des formidables avancées de la connaissance médicale, a insisté Jean-Pierre Davant. Nous avancerons collectivement dans cette voie pour être plus forts et surtout pour n’oublier personne en chemin." Depuis le congrès de Bayonne, en 1994, l’objectif de la Mutualité n’a pas changé: "Que chacun de nous puisse avoir les mêmes chances face à la maladie", a conclu Jean-Pierre Davant.
Evoquant le sujet du financement de la Sécurité sociale, Jacques Chirac a indiqué "refuser l’idée de rendre la contribution sociale généralisée (CSG) progressive", autrement dit de "faire cotiser les Français plus que proportionnellement à partir d’un certain niveau de revenus". "Si trop de nos concitoyens estiment qu’ils cotisent au-delà de ce qui est juste, c’est tout l’édifice qui peut s’écrouler", a-t-il ajouté. A l’instar de la hausse progressive de la CSG, Jacques Chirac a proposé d’avancer sur "le terrain des cotisations patronales".
Mauvaise surprise. En 2006, le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 10,3 milliards d’euros, contre 8,9 milliards attendus par l’Etat. Selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS), les quatre branches du régime général sont touchées : maladie, famille, vieillesse et accidents du travail-maladies professionnelles. Dans le détail, il faut noter que les comptes de la branche maladie s'améliorent. En revanche, ceux de la branche vieillesse se creusent pour atteindre 2,2 milliards d'euros, contre 1,9 milliard d'euros en 2005. De même, la branche famille accuse un déficit de 1,5 milliard d'euros, contre 1,3 milliard en 2005. En 2004, les déficits avaient atteint le montant record de 11,9 milliards d’euros. "L’amélioration prévue pour 2006 reste limitée", indique la CCSS dans son rapport, rendu public le 8 juin, jour de l’ouverture du 38e congrès de la Mutualité Française.
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