Marisol Touraine : un plan pour prendre soin des soignants

Face au malaise grandissant des infirmières et des médecins hospitaliers, la ministre de la Santé a dévoilé hier sa "stratégie nationale d'amélioration de la qualité de vie au travail".

"Je veux dire ma détermination à prendre soin de ceux qui nous soignent", a déclaré hier Marisol Touraine au Parisien/Aujourd'hui. Interpellée depuis des mois sur la dégradation des conditions de travail à l'hôpital, la ministre de la Santé a présenté hier un plan d'action destiné à "faire de la qualité de vie au travail des professionnels de santé, une priorité politique".

Ainsi, quelque 30 millions d'euros sur trois ans seront consacrés au déploiement dans chaque groupement hospitalier de territoire (GHT) de services de santé au travail, intégrant des psychologues, des conseillers en prévention des risques professionnels et des assistantes sociales.

Ce plan était très attendu. Promis en septembre après le suicide de cinq infirmiers pendant l'été, il devait aussi répondre à la colère de milliers d'infirmières et d'aides-soignantes qui ont manifesté en novembre. "Les suicides et tentatives de suicide devront être signalés afin d'analyser leur cause", a indiqué la ministre de la Santé, propos rapportés sur le site de L'Humanité.

Marisol Touraine a également annoncé la diffusion prochaine d'un guide des risques psychosociaux, la création d'un observatoire de la qualité de vie au travail et la nomination d'un médiateur national pour traiter les situations conflictuelles  non résolues localement, indique Le Figaro.

Pour les syndicats, le compte n'y est pas. La secrétaire générale de la fédération Santé de la CGT, Mireille Stivala, "émet un sérieux doute sur la faisabilité" du plan d'action de Marisol Touraine, en raison des échéances électorales. Les autres syndicats restent prudents. "L'enveloppe est beaucoup trop petite pour répondre aux attentes de terrain, estime Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière (CNI). Pour l'instant, il y a trop d'affichage, pas assez de concret."

Mobilisés il y a un mois, les professionnels pourraient de nouveau descendre dans la rue "dès début 2017", précise-t-elle dans Le Parisien/Aujourd'hui.

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John Sutton

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