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Désert médical : à Paris aussi

Selon l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, le nombre de quartiers parisiens déficitaires en médecins est en progression. Deux arrondissements entiers sont désormais classés en zone d’intervention prioritaire.

Les déserts médicaux gagnent la capitale. Selon la liste des zones médicalement sous-dotées que vient de publier l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, le XVIIIe et le XIXe arrondissements sont particulièrement atteints, puisque désignés comme "zone d’intervention prioritaire" (ZIP). Cette appellation, explique Le Parisien, est le nouveau qualificatif des "zones déficitaires", expression jusqu'alors utilisée.

Dans la précédente cartographie de l'ARS, datée de 2015, observe le quotidien, "seuls quelques quartiers étaient concernés dans ces arrondissements". Désormais, la globalité de ces deux arrondissements est atteinte par la désaffection des médecins libéraux.

Huit quartiers des XIIIe, XIVe et XXe arrondissements sont également classés comme ZIP, indique le document de l'ARS. Le reste de ces trois territoires étant pour leur part considéré comme des "zones d'action complémentaire" (ZAC), précédemment nommées "zones fragiles", ce qui signifie que leur situation est moins inquiétante. Au total, "les zones éligibles aux aides concernent 41% des Parisiens".

Ces aides se caractérisent différemment selon la qualification de la zone. En ZIP, le candidat à l'installation bénéficie de deux fois plus de subventions qu'en ZAP. Il a droit à celles de l'Etat, mais aussi à celles de l'assurance maladie. Avec pour condition de pratiquer des tarifs conventionnés en secteur 1.

D'après l'Ordre des médecins, la capitale a perdu 25% d'omnipraticiens entre 2010 et 2017. Elle figure, avec la Nièvre, parmi les départements ayant perdu le plus de médecins.

Consciente du problème, la Ville de Paris a, de son côté, mis en place il y a deux ans "un dispositif qui aide les jeunes praticiens à ouvrir leur cabinet", indique Le Parisien. L'an dernier, 198 professionnels y auraient eu recours.

Malgré l'"hémorragie", nuance néanmoins l'Ordre des médecins, le nombre de médecins reste important à Paris : on en compte, toutes spécialités confondues, 351 pour 100.000 habitants, soit plus du double de chaque département francilien. Cependant, déplore un professionnel, on assiste à davantage de reprises de cabinets qu'à des créations ex-nihilo.

Selon une jeune généraliste, le coût très élevé du loyer et la qualité de la vie figurent parmi les principaux obstacles à l'installation. L'ouverture d'un cabinet est en outre parfois mal perçue par les voisins à cause des allées et venues dans l'immeuble. S'installer à plusieurs en maison de santé n'est pas non plus une démarche facile : les infrastructures manquent et les frais occasionnés sont très élevés. D'où le choix de beaucoup de s'orienter vers "une petite vie tranquille en périphérie avec un meilleur environnement", conclut la jeune médecin.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)