Cardiologie : une première mondiale dans un hôpital mutualiste

Le Groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble a pratiqué le 31 mars 2017 une première mondiale en cardiologie interventionnelle. L'équipe médicale a utilisé pour la première fois sur l'homme le Railway Sheathless Access, un dispositif qui facilite l'introduction et la navigation d'un cathéter jusqu'au cœur pour soigner les artères.

L'innovation est inhérente aux 2.600 services de soins et d'accompagnement mutualistes (Ssam) que compte la Mutualité Française sur l'ensemble du territoire. Le Groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble en est l'illustration concrète. Cet établissement peut en effet se prévaloir d'une première mondiale réalisée le 31 mars 2017 au sein de son institut cardiovasculaire.

A cette occasion, un nouveau dispositif de cardiologie interventionnelle a été utilisé pour la première fois au monde sur l'être humain : le Railway Sheathless Access. "Ce système permet d'introduire un cathéter, autrement dit un tube fin en plastique, pour aller déboucher et réparer les artères du cœur. Nous procédons par voie radiale, c'est-à-dire via l'artère du poignet", explique le Dr Benjamin Faurie, cardiologue interventionnel au GHM de Grenoble. "La nouveauté, c'est que nous n'avons plus besoin d'utiliser un introducteur de cathéter au diamètre un peu plus large", précise le Dr Benjamin Faurie.

Baisse du risque d'hémorragie

En conséquence, il devient possible de réduire la taille du point de ponction effectué dans l'artère du bras, ce qui diminue le risque d'hémorragie. Cette avancée technologique accentue le caractère mini-invasif de la cardiologie interventionnelle, dont les actes opératoires sont réalisés par voie endovasculaire sous contrôle radiologique.

Par exemple, la cardiologie interventionnelle traite des syndromes coronariens, tels que les infarctus du myocarde et les angines de poitrine, sans que le patient ait à subir une opération à cœur ouvert. Le cathéter sert notamment à poser un stent, une sorte de petit ressort qui dilate la paroi de l'artère rétrécie pour améliorer son flux sanguin. C'est ce qu'on appelle l'angioplastie.

Davantage de patients concernés

"Grâce au Railway Sheathless Access, nous repoussons les limites car nous pouvons étendre cette technique à des pathologies plus lourdes qui relevaient de la chirurgie cardiaque ainsi qu'à davantage de personnes, comme les patients fragiles ou de faible poids, les femmes de petite corpulence ou encore les patients âgés dont les artères sont plus abîmées", poursuit le Dr Benjamin Faurie.

"Plus les patients sont fragiles, plus une intervention mini-invasive est bénéfique pour eux mais ce sont justement les plus difficiles à traiter en cardiologie interventionnelle du fait des tortuosités et de la forte athérosclérose des artères périphériques, rappelle-t-il. Ce système répond en grande partie à ce dilemme en permettant d'utiliser des cathéters de plus gros calibre pour la pose de stents dans ces situations plus complexes."

Pour mettre au point cette innovation, le Dr Faurie a imaginé, il y a quelques années, un système qu'il qualifie volontiers de "bricolage". Celui-ci a pourtant très vite intéressé le laboratoire américain Cordis, l'inventeur des stents. "Une fois le premier prototype du Railway Sheathless Access créé, il aura fallu deux ans de recherche et de développement pour pouvoir proposer aujourd'hui ce dispositif innovant, qui facilite la navigabilité dans les artères", raconte le Dr Benjamin Faurie.

"Eviter l'effet rabot de certains cathéters"

"Fonctionnant comme un dilatateur, ce dispositif épouse parfaitement l'intérieur du cathéter, ce qui permet d'avancer dans les artères de manière beaucoup plus douce, en évitant l'effet rabot de certains cathéters", ajoute-t-il.

Autres avantages notables : le Railway Sheathless Access n'est pas captif d'une marque et peut donc être utilisé avec n'importe quel cathéter d'angioplastie. "Cela évite de brusquer le cardiologue dans son organisation et ses habitudes puisque le cathéter est en quelque sorte le prolongement de ses mains", renchérit le Dr Faurie. Ce système est également intéressant d'un point de vue médico-économique car il nécessite moins de matériel". De son côté, le patient trouve un bénéfice immédiat à cette technique en sortant plus rapidement de l'hôpital.

Un mois après la première mondiale, 15 patients ont déjà pu bénéficier de cette technique au sein de cet hôpital mutualiste. Globalement, entre 10 et 20% des patients pris en charge pour des pathologies cardiovasculaires y seraient éligibles, dont 5 à 10% traités pour des interventions complexes.

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Paula Ferreira

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