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Assurance santé comportementale : l’opposition de Thierry Beaudet

Dans une tribune-libre du monde.fr datée du 23 septembre, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, explique les raisons de l'opposition des mutuelles à l'assurance santé comportementale.

Dans une tribune publiée sur le site du Monde, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, considère que l'offre Vitality, annoncée début septembre par Generali France, pose de "légitimes interrogations".

"A première vue, la compagnie d'assurance cherche simplement à récompenser les assurés qui adoptent un mode de vie sain", explique Thierry Beaudet (…) Les données personnelles demandées vont de l'alimentation au poids, en passant par le sommeil, l'activité physique, la consommation de tabac, le rapport au stress, jusqu'aux bilans sanguins. Cette offre est présentée comme un dispositif de prévention", explique-t-il.

Dès lors, ajoute le président de la Mutualité Française, "conduire sa santé comme une automobile mériterait un bonus. A l'instar du conducteur prudent, le consommateur vertueux de biens, produits et services de santé sera traité de manière privilégiée".

Pour Thierry Beaudet, cette approche est critiquable. "La santé relève de nombreux déterminants génétiques, sociaux, environnementaux qui influencent le comportement de chacun. Gérer le risque santé est donc d'une toute autre nature que la plupart des autres risques pour lesquels des liens de causalité peuvent être clairement définis", affirme le président de la Mutualité Française.

"Qui n'a jamais eu l'occasion de choisir ses gènes, ses parents, son milieu de naissance et d'éducation ? Au nom de quoi la chance d'être en bonne santé devrait-elle être récompensée ? Faudrait-il alors punir de leur malchance celles et ceux qui sont malades ou doivent vivre une situation de handicap ?", interroge-t-il.

En conséquence, poursuit-il, "peut-on, au nom de la prévention qui concerne tout le monde, sélectionner la partie bien-portante de la population qui a déjà la possibilité économique, sociale et culturelle d'y consacrer du temps et des moyens ou, au contraire, doit-on amener à la prévention celles et ceux qui en sont éloignés ? Pense-t-on sincèrement que les fins de mois difficiles, le chômage, un logement déficient n'aient pas de conséquences sur l'état de santé, sans même évoquer le "bien-être" ?" Si tel devait être le cas, les personnes défavorisées subiraient une "double peine", car le montant de leur cotisation serait alors revu à la hausse.

Pour Thierry Beaudet, les assureurs santé doivent s'imposer des "limites" : "Le meilleur équilibre doit présider entre la dimension personnelle et la dimension collective de la santé, entre le bénéfice individuel et l'esprit de solidarité, entre l'intérêt du marché et l'intérêt général."
Pour le président de la Mutualité Française, "la meilleure prévention en santé doit pouvoir s'adresser à toutes et tous. En cela santé et prévention posent la question de la société dans laquelle nous voulons vivre demain. Ensemble ou séparément ?"

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John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)