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Alcoolisme : le baclofène fait ses preuves

Malgré les résultats contrastés de deux études, le baclofène tend à s'imposer comme traitement efficace contre l'alcoolisme. La prescription de cette molécule devrait être facilitée.

Ce n'était pas sa vocation première, et pourtant les essais réalisés en France semblent le confirmer : le baclofène serait efficace pour réduire la consommation d'alcool des gros buveurs.

En le comparant à un placebo, deux essais baptisés Alpadir et Bacloville, se sont penchés sur les effets de ce médicament initialement prescrit pour lutter contre les spasmes musculaires dans certaines maladies neurologiques. Les résultats définitifs de ces observations ont été rendus publics le 17 mars 2017, lors des journées annuelles de la Société française d'alcoologie (SFA), indique Le Figaro.

Selon le quotidien, les relevés de l'étude Bacloville sont les plus encourageants. Cette dernière, financée par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et des donateurs privés, avait déjà montré, à Berlin, lors du Congrès mondial d'alcoologie de septembre 2016, un arrêt de la consommation des gros buveurs ou, au moins, un retour à une consommation à faible niveau de risque.
Par faible consommation il faut comprendre pas plus de 20 g d'alcool pur par jour (2 verres standards) pour une femme, et 40 g/j (4 verres) pour les hommes.

Sous baclofène, la réduction d'alcool a ainsi été observée chez plus d'un malade sur deux. "Il s'agit de résultats très intéressants, voire exceptionnels, quand on sait qu'un Français meurt toutes les 12 minutes à cause de l'alcool", estime dans Le Parisien le Pr Philippe Jaury, coordonnateur de cet essai.

En revanche, l'étude Alpadir n'est pas parvenue aux mêmes constats. "Tant sur le sevrage que sur la réduction de consommation, les effets observés à six mois ne présentent pas de différence statistiquement significative entre la prise du baclofène et celle d'un placebo", rapporte Le Monde, qui évoque des "résultats contrastés".

En outre, souligne Le Parisien, les résultats dévoilés vendredi par les deux études montrent un surcroît d'effets indésirables (insomnie, somnolence, dépression) sous baclofène (44%) par rapport au placebo (31%).

Il n'empêche, observe dans Libération le Pr Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions, "le baclofène permet de réduire la consommation d'alcool, dans un cas sur deux, ce n'est déjà pas si mal".

"Tirant parti de ces résultats, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé, en fin de semaine dernière, la poursuite de la recommandation temporaire d'utilisation (RTU) du baclofène dans la prise en charge des patients alcoolo-dépendants", écrit Libération.

Celle-ci est renouvelée pour un an et la prescription du médicament va être simplifiée. Ces trois dernières années, 7.000 patients ont pu en bénéficier. Or, on estime à 100.000 le nombre de gros buveurs susceptibles d'être mis sous traitement.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)