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Publié le 25/08/2008, Dernière mise à jour le 20/01/2010
Les vaccins ne sont pas tous fabriqués de la même façon. Ils peuvent être faits à partir de germes atténués, fractionnés ou tués. Selon leur type, ils nécessitent une ou plusieurs injections avec parfois des rappels. La vaccination est un acte médical personnalisé qui doit tenir compte de l'âge, du mode de vie et de l'état de santé de chaque personne.
"J’ai peur des vaccins à cause des piqûres et des effets secondaires, confie Emma, responsable marketing de 32 ans, installée en Alsace. Du coup, je ne fais pas mes rappels, même si je sais que certains sont fortement recommandés ! Mais il s’agit de maladies tellement rares..." Emma souligne un paradoxe fréquent : la crainte des vaccins est parfois plus forte que celle des maladies infectieuses contre lesquelles ils protègent.
Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut "se ruer" sur tous les vaccins ! "Une vaccination est avant tout un acte médical personnalisé", explique la Dre Catherine Goujon, spécialiste de la vaccination à l’institut Pasteur de Paris. Il peut y avoir des contre-indications selon l’âge, le sexe, l’état de santé, le mode de vie et les antécédents médicaux de la personne." Le médecin doit toujours exposer à son patient le rapport entre le bénéfice (protection contre une maladie grave) et le risque possible (effets indésirables) d'une vaccination. Le plus souvent, le bénéfice l’emporte largement sur le risque.
Bactéries ou virus… vivants ou tués
En France, deux grands types de vaccins sont actuellement prescrits. Les vaccins "atténués" sont composés de bactéries ou de virus vivants auxquels on a fait perdre leur dangerosité. L'immunisation contre la tuberculose relève de cette méthode. A l’inverse, les vaccins "inactivés" tels que celui contre la grippe contiennent des microbes entiers tués. Mais ils peuvent être obtenus en utilisant uniquement certaines parties constitutives du microbe mort comme c'est le cas pour le vaccin contre la coqueluche. "Quelle que soit sa nature, un vaccin ne peut pas provoquer la maladie contre laquelle il protège, dès lors que le patient n'a pas de problèmes immunitaires !", rassure Catherine Goujon. La vaccination stimule les défenses de l'organisme, qui sont ensuite capables de reconnaître le microbe et de l’éliminer.
Le mode d’action d’un vaccin varie selon sa nature. Le virus ou la bactérie d’un vaccin atténué reste susceptible de se multiplier de façon limitée, une fois introduit dans l'organisme. Il induit une réponse immunitaire complète en simulant une infection. En revanche, les vaccins inactivés ne possèdent pas ce pouvoir : ils provoquent une réponse immunitaire partielle mais suffisamment protectrice. Ce n’est pas parce qu’un vaccin est atténué ou inactivé qu’il est plus ou moins sûr. "Pour tout vaccin, l’autorisation de mise sur le marché (AMM) n’est délivrée qu’après de nombreuses études cliniques et de multiples contrôles, certifie la Dre Goujon. Cette procédure permet de s’assurer de son efficacité et de son innocuité."
Des rappels à jour
Les vaccins vivants atténués sont très efficaces : en général, une seule injection suffit à garantir une protection optimale. Mais cette forte efficacité implique, en principe, leur contre-indication chez les personnes qui ont des défenses immunitaires affaiblies. Les vaccins inactivés sont exempts de tout risque infectieux. Mais ils sont plus contraignants : ils nécessitent souvent plusieurs injections et des rappels réguliers.
Les autorités sanitaires déplorent un nombre croissant d'adultes qui ne sont pas à jour dans leurs rappels. En témoignent les cas de tétanos observés chaque année en France en dépit d'un vaccin particulièrement efficace. Des personnes sont régulièrement victimes de cette terrible maladie qui entraîne une atteinte neuromusculaire, parfois mortelle. La France compte entre 2 et 10 décès du tétanos tous les ans. Une bonne raison pour être à jour dans ses rappels !
| Pour en savoir plus : |
| Lire également l'interview du Pr Christian Perronne, du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) Retrouvez également notre fiche santé Mieux maîtriser la vaccination |
Jean-Philippe Braly
Les nourrissons peuvent recevoir jusqu’à sept vaccinations le même jour en deux injections, ce qui inquiète parfois leurs parents ! "Mais il n’y a pas plus d’effets secondaires à redouter, indique la Dre Catherine Goujon, de l’institut Pasteur de Paris. Une multi vaccination ne représente qu’une infime partie du nombre de germes avec lesquels notre organisme peut naturellement entrer en contact au cours d’une journée", ajoute-t-elle. Pour Anne Ghazi, médecin généraliste à Levallois-Perret, "la limite concerne plutôt le nombre de piqûres que le patient peut tolérer, qu’il soit adulte ou enfant. Combiner plusieurs vaccins en une seule injection permet de diminuer la quantité de piqûres, pour les enfants ou les voyageurs pressés".
Depuis 1990, les médecins enregistrent une recrudescence des cas de nourrissons atteints de coqueluche. Nicole Guiso, directrice du Centre national de référence de la coqueluche, en explique la raison : "La vaccination des jeunes enfants ne protège qu’une dizaine d’années. Passé ce délai, adolescents et adultes peuvent être infectés et contaminer les nourrissons qui ne sont pas encore vaccinés." Les premiers vaccins contre la coqueluche adaptés aux adolescents puis aux adultes ont été recommandés dès leur sortie. Mais ces recommandations ont été mal suivies. De ce fait, les autorités de santé ont édicté des recommandations supplémentaires en mars 2008. Elles concernent notamment les adultes entre 26 et 28 ans qui n'ont pas été vaccinés depuis dix ans.
Une vaccination à jour contre la fièvre jaune peut être exigée à l'entrée de certains pays (Afrique, Asie, Moyen-Orient...). Ces injections doivent être mentionnées sur le carnet international de vaccination. En Arabie Saoudite, la vaccination contre les infections à méningocoque est obligatoire pour les pèlerinages à la Mecque et à Médine. Les autorités sanitaires françaises recommandent toutefois d'autres vaccinations qu'elles jugent indispensables pour certains pays d’Afrique ou d’Amérique du Sud notamment.
Pour en savoir plus sur les vaccinations par pays, connectez-vous, sur Internet, au centre médical de l'institut Pasteur à l'adresse suivante : http://cmip.pasteur.fr/, rubrique "Vaccinations internationales, médecine des voyages".
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