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Obésité : l'Acomplia® est mise au régime !

Publié le 24/07/2007, Dernière mise à jour le 20/01/2010

L'Agence européenne du médicament (Emea) a restreint les conditions de prescriptions de l'Acomplia® le 19 juillet 2007. Elle recommande que la pilule des laboratoires Sanofi-Aventis, censée lutter contre l'obésité, soit contre-indiquée aux patients souffrant de dépression.

Les précautions d'emploi de l'Acomplia® (rimonabant) pèsent lourdement sur son avenir ! Le 19 juillet 2007, l'Agence européenne du médicament (Emea) a décidé de limiter les indications de la pilule qui devait faire des "miracles" contre les kilos en trop. Elle a contre-indiqué le médicament des laboratoires Sanofi-Aventis "aux personnes présentant une dépression ou traitées par un antidépresseur".

Suite à cette décision, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) recommande à "tous les patients présentant des signes dépressifs d'arrêter leur traitement et de prendre contact avec leur médecin traitant". Elle vient d'adresser une lettre aux médecins afin de les informer des récentes limitations européennes. Elle leur demande de signaler tout problème lié à la prise de l'Acomplia® aux centres régionaux de pharmacovigilance.

Des risques psychiatriques
Cette nouvelle restriction s'explique en raison des risques psychiatriques liés à ce produit qui agit sur les récepteurs cannabinoïdes (CB1), situés dans le cerveau. Aux Etats-Unis, les autorités sanitaires ont été moins clémentes avec Sanofi-Aventis qu'en Europe. La Food and Drug Administration (FDA) a tout simplement décidé d'interdire en juin 2007 la mise sur le marché du rimonabant. Elle réclame au labo de nouveaux essais pour mieux évaluer les effets secondaires du médicament sur le psychisme.

En France, la prescription de l'Acomplia® est très encadrée : elle est réservée aux malades obèses souffrant d'un diabète de type 2, insuffisamment contrôlés par les médicaments antidiabétiques oraux. Depuis sa mise sur le marché français, la molécule est placée sous haute surveillance : ce médicament dit d'exception nécessite une ordonnance spéciale bleue réservée aux produits "particulièrement coûteux et d'indications précises".

L'Acomplia® est remboursé à hauteur de 35% par la Sécu car son service médical rendu est jugé "modéré" par la Haute Autorité de santé (HAS) : une personne obèse ne perd pas plus de 5 kilos après une année de traitement ! Le bénéfice du traitement disparaît en neuf mois environ après son arrêt. Les nouvelles contre-indications de l'Acomplia® associées à ses limites et à ses faibles performances n'en font probablement pas le "block-buster", tant espéré de son fabricant.

Ghislaine Trabacchi

Qu'est-ce qu'un

Le terme anglo-saxon de "block-buster" se traduit littéralement par "qui fait exploser le quartier". A son origine, il servait à décrire une bombe de très forte puissance. Aux Etats-Unis, il est employé pour qualifier une pièce de théâtre qui remporte un tel succès qu'elle conduit les théâtres du voisinage à la banqueroute. Il s'applique par extension à une superproduction cinématographique à gros budget. Pour l'industrie pharmaceutique, un "block-buster" est un médicament qui génère plus d'un milliard de dollars de chiffre d'affaires.

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