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« Vu du foie, le vin est bien de l’alcool »

Après la récente polémique sur les dangers du vin, des médecins addictologues souhaitent améliorer l'information sur les risques liés à la consommation d'alcool.

"Le vin est un alcool comme les autres"  : en prononçant cette évidence, la ministre de la Santé a lancé une bombe incendiaire sur la place publique", souligne Le Figaro. Aussitôt, plusieurs ministres sont montés au créneau pour défendre le vin : un patrimoine culturel, une tradition française… Même le président de la République a fait savoir qu'il buvait du vin "le midi et le soir" et a assuré que tant qu'il était président, il n'y aurait pas "d'amendement pour durcir la loi Evin", restreignant la publicité pour les boissons alcoolisées.

Cette levée de boucliers a provoqué la réaction des professionnels de santé, qui dans une tribune publiée le 5 mars sur le site du Figaro, ont rappelé que "vu du foie, le vin est bien de l'alcool".

"Ce qui compte en matière de toxicité, c'est la quantité d'alcool bue", écrivent les neuf médecins et addictologues signataires. Le vin représente près de 60% de la consommation d'alcool, rappellent-ils, précisant que "l'alcool tue près de 50.000 personnes par an" en France.

Ils notent également que "les trois-quarts de la population consomment moins de deux verres par jour, mais le quart restant boit 75% de l'alcool commercialisé en France".

"Et les jeunes aussi consomment du vin", rappelle le Pr Amine Benyamina, un des signataires, président de la Fédération française d'addictologie. "Une étude française de 2015 a démontré que l'alcool était la première cause d'hospitalisation", souligne le Pr Mickael Naassila, président de la Société française d'alcoologie. Une récente étude de la Société américaine de cancérologie conclut qu'un risque de surmortalité apparaît avec des consommations de 1 à 1,5 verre par jour.

Mickael Naassila souhaite remplacer l'avertissement sanitaire actuel ("l'abus d'alcool est dangereux pour la santé") par un message signifiant que toute consommation d'alcool est dangereuse pour la santé.

Il s’agit également de promouvoir de nouvelles recommandations en matière de consommation d'alcool. Au lieu des trois verres par jour pour les hommes et de deux pour les femmes, les experts préconisent désormais dix verres d'alcool maximum par semaine et deux jours d'abstinence.

Les médecins s'alarment du détricotage permanent de la loi Evin et souhaiteraient revenir à l'esprit initial du texte. "Loi, qui soyons clairs, n'a jamais concerné la consommation d'alcool, mais la communication. Son objectif était d'encadrer les messages et les vecteurs de ces messages pour un produit qui, ayant une incidence sur la santé publique, ne peut être présenté comme un produit de consommation", rappelle l'ancien ministre de la Santé Claude Evin, au Figaro.

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John Sutton

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