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« Une mesure palliative » pour la complémentaire santé

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2016 prévoit de généraliser l’accès à la complémentaire santé aux salariés précaires, mais aussi d’aider les retraités à y accéder. Il y a des travailleurs qui, en l’état actuel des textes, ne pouvaient pas bénéficier de la généralisation de la complémentaire santé prévue par l’accord national interprofessionnel (Ani), a rappelé hier la ministre de la Santé, citant les "salariés en contrat à durée déterminée très court", ou les "salariés qui travaillent simultanément chez plusieurs employeurs".

Pour ceux-là, Marisol Touraine a annoncé une aide individuelle, financée par l’employeur pour l’acquisition d’une complémentaire santé. Quant aux retraités, c’est une extension de la loi Evin de 1989 qui leur permettra de bénéficier du contrat de leur ancienne entreprise, à un tarif n’excédant pas 100% de celui appliqué aux salariés la première année, tarif qui augmentera désormais progressivement sur trois à cinq ans jusqu’au plafond de 150% prévu dans la loi Evin. Le ministère de la Santé lancera par ailleurs un appel d’offres pour labelliser des contrats dédiés aux plus de 65 ans offrant un bon rapport qualité-prix, indique Le Parisien/Aujourd’hui (page 10).

En perdant l’aide financière de leur employeur et les aides fiscales et sociales, les nouveaux retraités voient le coût annuel moyen de leur complémentaire santé passer de 283 à 998 euros.

Une étude récente de la Mutualité Française, citée dans Le Monde (page 9) montre en effet qu’"aujourd’hui, en perdant l’aide financière de leur employeur ainsi que les aides fiscales et sociales, les nouveaux retraités voient le coût annuel moyen de leur complémentaire santé passer de 283 à 998 euros". Les retraités paient leur mutuelle jusqu’à 3,5 fois plus cher qu’un salarié, souligne également La Croix (page 9). "Un coût prohibitif conduisant certains seniors à abandonner leur assurance complémentaire, au risque d’être moins bien remboursés au moment où leurs dépenses médicales augmentent avec l’âge", constate le quotidien catholique.

"Nous sommes satisfaits que les pouvoirs publics aient pris conscience qu’un grand nombre de Français n’avaient pas accès à une complémentaire santé. Mais nous regrettons que ces mesures ne s’adressent qu’au monde du travail et aux retraités, et excluent notamment les chômeurs de longue durée ou les jeunes en situation de précarité, a fait valoir le président de la Mutualité Française hier soir dans le 17/20 de France Info. La réponse qui est apportée n’est pas universelle et elle n’est donc pas à la hauteur des enjeux."

Cette réponse est "une mesure palliative qui ne s’attaque pas aux raisons fondamentales du coût élevé de la complémentaire santé pour les seniors", insiste Etienne Caniard dans Les Echos (page 2). Une déception également formulée ce matin sur France culture, dans le bulletin d’information de 6h30.

"Pour vraiment généraliser la complémentaire santé, il faudrait plutôt utiliser des outils de type crédit d’impôt", une mesure à la fois universelle, simple et juste, propose Etienne Caniard.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)