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Perte d’autonomie : l’entrée en Ehpad, une décision difficile

Selon une enquête du Credoc pour le compte du think tank Terra Nova, ce sont le plus souvent les proches de la personne âgée dépendante qui décident de son entrée en maison de retraite.

Comment est prise la décision d'entrée en maison de retraite ? Qui prend l'initiative d'en parler et quand ? Ces questions sont au cœur d'une étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc), commandée par le think-tank Terra Nova, à l'occasion de la Journée nationale des personnes âgée. Cette étude montre clairement l'image plutôt négative qu'ont une majorité des Français des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Ainsi, pour 8 personnes sur 10, entrer dans une structure d'accueil, "c’est perdre son autonomie de choix", et pour 6 sur 10, c’est "se mettre en retrait de la société", note le quotidien La Croix.

En revanche, une très grande majorité (78%) des futurs concernés considèrent que l'entrée contrainte contribue à soulager l'entourage "car l'Ehpad vient résoudre les problèmes du maintien à domicile", souligne, dans Libération, Thierry Pech, directeur général de la fondation Terra Nova. "Depuis quinze à vingt ans, les pouvoirs publics ont privilégié le maintien à domicile, rappelle-t-il. Cela correspond aux aspirations des personnes âgées, mais cela conduit à des entrées de plus en plus tardives en Ehpad de personnes dans un état de santé dégradé. La population dans ces structures est alors de plus en difficile à prendre en charge."

Qui prend l'initiative d'évoquer l'entrée en Ehpad ? Dans 45% des cas, ce sont les enfants et les petits-enfants et, dans seulement 28%, la personne elle-même, souligne La Croix. Voilà ce qu'ont répondu les personnes qui, dans le panel, ont déclaré être "bientôt concernées". Alors que l'entrée en institution est reconnue comme prochaine, la moitié des personnes concernées (42%) avouent que la question n'a jamais été abordée dans leur entourage.

"Résultat, dans beaucoup de familles, on repousse la discussion et au final, l'entrée en établissement se fait dans la précipitation, à l'occasion d'une chute ou d'une hospitalisation", explique Marc-Olivier Padis, directeur des études à Terra Nova. Autre constat : le choix de l'institutionnalisation est rarement le fait de la personne elle-même (seulement dans 2 cas sur 10).

Dans 40% des cas, la décision est le fruit d'une "concertation" entre la personne et ses proches, mais dans 20% des cas, les personnes âgées ne seraient pas en mesure de s'exprimer et dans 20%, elles y seraient contraintes. Dans la majorité des cas, c'est avec un consentement "résigné" que les personnes sautent le pas. Le plus souvent pour "soulager" des enfants qui, parfois, se sont épuisés dans un rôle d'aidant.

Aujourd'hui, la majorité des Ehpad ont des procédures pour recueillir le consentement du futur résident. "C’est très louable bien sûr", estime, dans La Croix, Joëlle Le Gall, présidente d'honneur de la Fédération nationale des associations et amis de personnes âgées et de leurs familles (Fnapaef). Avant d’ajouter : "Mais qu'est-ce que cela veut dire le consentement chez une personne atteinte de troubles cognitifs qui dit "non" à 14 heures et "oui" à 16 heures ? Et peut-on considérer comme consentante une dame qui dit "oui" juste pour faire plaisir à ses enfants ? Et qu’est-ce qui se passe quand une dame dit "non" alors qu’elle se met en danger en restant chez elle ?"

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JOHN SUTTON

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