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Pénurie de médicaments : un des effets de la mondialisation

Le gouvernement français s'active à établir un plan de lutte contre la pénurie de médicaments. Parmi les mesures envisagées figure une meilleure coopération européenne. Un de ses buts : relocaliser une industrie pharmaceutique qui s'est progressivement implantée dans les pays peu coûteux en main d'œuvre.

Le gouvernement a présenté, lundi 8 juillet 2019, les pistes d'un plan encore provisoire de lutte contre la pénurie de médicaments. Il faut dire, souligne Le Monde, que l'indisponibilité de certains traitements ne cesse d'augmenter, "créant inconfort, angoisses, voire dégradation de l’état de santé" pour les patients contraints de se tourner "vers des traitements alternatifs mal adaptés".

Corticoïdes, antalgiques, antibiotiques, anesthésiques ou autres anticancéreux figurent parmi les 600 médicaments régulièrement en rupture de stock. Dans la gamme des corticoïdes, on compte, par exemple ceux à base de prednisone, notamment le Cortancyl®, le Solupred® et leurs génériques. Chez les anticancéreux, l'Ametycine® ou l'Immucyst® sont régulièrement épuisés. Concernant les vaccins, ce sont surtout le BCG® et le DT Vax® qui sont fréquemment inaccessibles dans les pharmacies et les hôpitaux.

Selon le ministère de la Santé, rapporte Le Figaro, les pénuries se sont multipliées par vingt entre 2008 et 2018. Au point que plus d'un Français sur quatre se trouverait en difficulté pour acheter un produit même courant. Et pour l'ensemble de l'année 2019, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) prévoit "des situations de rupture ou tensions d'approvisionnement" pour plus de 1.200 traitements ou vaccins, prévient France Inter.

Pour faire face à ces carences, le ministère de la Santé élabore donc un plan d'action. Pour le moment, son premier axe vise à "promouvoir la transparence et la qualité de l'information" en généralisant la plateforme qui permet aux pharmaciens de signaler les ruptures d’approvisionnement au laboratoire concerné, explique L'Obs. "Des actions ciblées et adaptées à chacun des acteurs du circuit du médicament" sont aussi envisagées. Par exemple, un pharmacien aurait la possibilité de "remplacer le médicament indisponible initialement prescrit par un autre médicament". Cela, lorsque la pénurie concerne un "médicament d'intérêt thérapeutique majeur".

Une autre proposition gouvernementale prône davantage de "coopération" à l'échelle de l'Union européenne (UE). Particulièrement en "poursuivant les discussions sur l'achat groupé" de certains traitements (par exemple pour les vaccins essentiels aux populations des 28 Etats membres), mais aussi via un "partage d'information" concernant les situations et les causes de pénuries rencontrées au niveau européen.

Pour Nathalie Coutinet, chercheuse à l'université Paris 13 et coauteure de "L'économie du médicament" aux éditions La Découverte interrogée par France 24, l'idée avancée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, "de renforcer la coopération à l'échelle européenne est peut-être la proposition la plus intéressante du plan anti-pénurie". Surtout si cette mesure motive les laboratoires pharmaceutiques à relocaliser sur le Vieux continent la production des principes actifs des médicaments. Car l'une des causes des pénuries vient de l'exode massif de ces industriels vers l'Asie, pour des raisons de rentabilité.

Au début des années 1990, rappelle Le Monde, "80% des matières actives à usage pharmaceutique destinées aux Européens étaient fabriquées dans l'UE. Aujourd’hui, la proportion est exactement inverse, au profit des pays à bas coûts", dont l'Inde et la Chine.

"A elle seule, précise le site doctissimo.fr, la Chine contrôle 40 à 50% des principes actifs des médicaments génériques distribués sur le marché européen."

Mondialisation qui n'est pas sans poser quelques problèmes. En effet, la qualité des composants actifs n'est pas toujours au rendez-vous et présente parfois une menace pour la santé publique (médicaments falsifiés, même dans le circuit légal ; toxicité ; surdosage ; absence d'efficacité des principes actifs). A cela s'ajoute la traçabilité complexe des produits : les sites de production se comptant en milliers, les autorités de contrôle sont dans l'incapacité de les visiter.

Bien entendu, l'éloignement de ces sites fragilise les conditions d'approvisionnement de l'Europe en médicaments. Il suffit d'un événement géopolitique, économique ou climatique sur place pour que la chaîne soit impactée. "Il arrive aussi qu'une entreprise décide elle-même d'arrêter une production qu'elle n'estime plus suffisamment rentable", indique encore le site. Sans compter que "ces pays deviennent eux-mêmes de gros consommateurs pour leur campagne de santé publique", ce qui alimente aussi la pénurie, complète RFI.

Dans ce contexte, si la France semble souffrir davantage de carences que ses voisins européens, c'est parce que notre pays souffre d'un "handicap majeur", avance le site de la radio internationale : le prix de ses médicaments. Pris en charge par l'assurance maladie et fixés par un organisme public, ceux-ci sont "de plus en plus bas pour faire des économies".

De fait, "quand la chaîne se rompt (…) et qu'il y a de la tension, les grossistes du médicament ont intérêt à se tourner vers des pays européens qui offrent des tarifs plus lucratifs comme l'Allemagne ou l'Italie. Et la France se retrouve servie après tout le monde."

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Frédéric Lavignette

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