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Opticien : ses nouvelles missions

L'opticien-lunetier est autorisé à adapter la correction des lentilles de contact lors d'un renouvellement, indique un décret en vigueur depuis le 17 octobre 2016. Le patient n'a plus besoin d'aller chez son ophtalmologiste, comme c'était déjà le cas pour le renouvellement des verres correcteurs.

Les délégations de tâches entre ophtalmologistes et opticiens-lunetiers sont étendues depuis le 17 octobre 2016. Ces dispositions s'inscrivent dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé de janvier 2016, rappelle-t-on. Elles sont détaillées dans un décret publié au "Journal officiel" du 16 octobre 2016.

Ce texte prévoit que l'opticien-lunetier peut désormais adapter la correction de lentilles de contact lors d'un renouvellement de ce dispositif médical. Concrètement, l'opticien est autorisé à réaliser un examen de réfraction (mesure du degré de défaut optique de l'œil) à la place de l'ophtalmologiste. Pour cela, l'ordonnance doit dater de moins de trois ans et moins d'un an pour les enfants âgés de moins de 16 ans.

Lunettes : ordonnance valable jusqu'à cinq ans

Depuis 2007, l'opticien pouvait déjà pratiquer des examens de réfraction pour adapter la correction des verres de lunettes, avec une ordonnance de moins de trois ans. Le décret élargit la durée de validité de l'ordonnance à cinq ans entre 16 et 42 ans. Elle est d'un an pour les patients de moins de 16 ans et de trois ans après 42 ans.

Ces mesures devraient faciliter la vie des usagers. En effet, "là où il suffit de quinze jours pour voir un ORL ou un gastro-entérologue, il faut souvent patienter 5 à 10 fois plus longtemps pour consulter un ophtalmologiste, sauf urgence", évalue le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof).

Lorsqu'il réalise un examen de réfraction, l'opticien doit garder une copie de l'ordonnance "jusqu'à l'expiration de sa validité, sauf opposition du patient", indique le décret. Pour sa part, l'ophtalmologiste peut s'opposer à cette délégation de tâches en le mentionnant "expressément sur l'ordonnance". Il peut aussi "limiter la durée pendant laquelle l'opticien-lunetier peut adapter la prescription, par une mention expresse sur l'ordonnance". Cette possibilité vise des situations médicales spécifiques, définies par arrêté.

Pas d'ordonnance en cas d'urgence

Autre nouveauté : le décret instaure une situation d'urgence lorsque le patient perd ses lunettes ou en cas de bris de verres. L'opticien peut alors "exceptionnellement délivrer, sans ordonnance médicale, un nouvel équipement après avoir réalisé un examen réfractif", précise le décret. Cependant, ce professionnel du paramédical est tenu de transmettre les résultats de l'examen au médecin désigné par le patient. Ces "délivrances exceptionnelles" doivent être consignées dans un registre dont les données sont conservées trois ans.

Plus globalement, le décret établit des règles liées à la profession d'opticien-lunetier. Celui-ci "procède à toutes les mesures utiles à la réalisation d'un équipement optique", c'est-à-dire qu'il mesure les écarts pupillaires. Ce procédé permet de positionner l'œil par rapport aux lunettes et de réaliser le centrage des verres. A noter que le décret autorise "les mesures faites à distance". Dans ce cas, le patient agit seul sur Internet, à l'aide d'une caméra, et ne bénéficie donc pas de l'aide d'un professionnel.

"Nous privilégions les mesures en magasin"

"Nous avons un petit regret concernant l'autorisation des mesures à distance. A notre sens, ce n'est pas aussi fiable qu'une mesure réalisée dans un magasin d'optique. Nous sommes favorables à l'achat de montures sur Internet mais nous privilégions le passage en magasin pour la prise de mesures et pour la récupération de la commande", nous explique Christian Py, président de Visaudio. Ce réseau mutualiste regroupe 760 magasins d'optique et 370 centres d'audioprothèse, respectivement sous les enseignes Les Opticiens mutualistes et Audition mutualiste.

"Pour le reste, nous sommes complètement favorables à l'esprit du décret qui facilite la délégation de tâches entre l'ophtalmologiste et l'opticien, une mesure que nous soutenons de longue date", renchérit Christian Py.

Autres règles énoncées par ce décret : l'opticien doit porter "un badge signalant son nom, prénom et titre". Il ne peut pas communiquer ou faire de la publicité "sur sa capacité à déterminer la réfraction". Ses locaux doivent être "équipés de manière à préserver l'intimité du patient". L'objectif est d'assurer, lors des examens de réfraction, une "prise en charge dans de bonnes conditions d'isolement phonique et visuel". Enfin, l'opticien peut délivrer des lentilles ou des verres correcteurs au domicile du patient, dans des établissements de santé ou médico-sociaux.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)