Emmanuel Macron précise son programme santé

En meeting à Nevers (Nièvre), le 6 janvier 2017, Emmanuel Macron a présenté ses propositions en matière de santé. Parmi celles-ci, une couverture à 100% des soins optiques et dentaires à horizon 2022.

Emmanuel Macron "a profité de sa visite à Nevers, où il faisait sa rentrée politique après les fêtes de fin d'année pour préciser des positions" en matière de santé, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, rapportent Les Echos.

Celles-ci, précise Le Figaro, se basent sur un "quadruple constat" : le développement des maladies chroniques, l'explosion des inégalités de santé, le vieillissement de la population et les lacunes en matière de prévention, qui figurent parmi les préoccupations "de nos concitoyens", a-t-il déclaré.

On ne répond pas à ces enjeux "en déremboursant des soins ou en prétendant couper des têtes, assure Emmanuel Macron à l'adresse de François Fillon. On ne peut pas répondre aux défis d'aujourd'hui et de demain avec des mesures d'hier et d'avant-hier".

Concrètement, a dévoilé le leader d'"En Marche", il n'y aura "aucun déremboursement de soins, mais au contraire un remboursement à 100% par la Sécurité sociale pour les maladies chroniques ou encore pour les lunettes, les prothèses auditives et dentaires à horizon 2022", relèvent Les Echos. "La mesure, qu'il n'a pas chiffrée, est très ambitieuse et pourrait coûter cher à la Sécu et aux mutuelles", commente pour sa part Le Figaro, qui fait une lecture différente de cette proposition.

La deuxième proposition d'Emmanuel Macron concerne le traitement des formes sévères d'hypertension artérielle. L'ancien ministre de l'Economie réclame le rétablissement de son remboursement, supprimé par François Fillon et Xavier Bertrand en 2011. Une mesure qui pourrait coûter 10 millions d'euros annuels mais qui serait compensée par la réduction des complications ainsi évitées.

Il souhaite par ailleurs réformer l'hôpital en sortant des "vieux dogmes". En d'autres termes, expliquent Les Echos, "cela signifie décloisonner les relations entre le public et le privé, et réformer les tarifications".
Il suggère également une réforme du côté des médicaments, en proposant leur vente à l'unité, ce qui permettrait de réduire le gaspillage. Et, dans le but de mettre fin aux déserts médicaux, il envisage de multiplier les maisons de santé médicalisées.

"Une position partagée par de nombreux candidats à la primaire de la gauche", notent Les Echos. C'est le cas de Manuel Valls, qui, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui, estime que leur installation doit être poursuivie "dans les territoires urbains, périurbains, ruraux, dans les villes moyennes". Quant à "l'implantation des médecins sur le territoire, il faut une politique plus volontariste, indique l'ancien Premier ministre, au vu des difficultés actuelles, nous n'avons en effet d'autre choix que de limiter cette liberté d'installation en parallèle bien sûr, de mesures structurelles : fin du numerus clausus, réforme des études, etc.".

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)