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Angers : la rééducation au secours des déficiences visuelles et auditives

Thierry Beaudet, le président de la Mutualité Française, a visité le 7 avril 2017 le centre régional basse vision et troubles de l'audition (CRBVTA) d'Angers (Maine-et-Loire). Cette plateforme sensorielle est l'un des rares établissements à proposer une rééducation et un accompagnement personnalisés aux patients souffrant de déficience visuelle ou auditive.

"En France, si vous perdez la vue après l'âge de 20 ans, seuls trois ou quatre centres peuvent vous accueillir et déclencher un système d'aides. Il y a globalement très peu de réponses organisées face aux difficultés rencontrées par les adultes souffrant de déficience sensorielle", observe Francis Guiteau, directeur général de la Mutualité Française Anjou-Mayenne.

Une situation liée à l'histoire de la rééducation sensorielle, longtemps ignorée au profit de la "pédagogie adaptée" aux jeunes aveugles et aux jeunes sourds.

"On est finalement restés dans cette approche pédagogique, sans considérer que la rééducation pouvait être une discipline valable au service des personnes souffrant de déficience sensorielle", souligne Francis Guiteau.

A Angers (Maine-et-Loire), la Mutualité Française Anjou-Mayenne fait mentir l'histoire, en assurant la gestion de deux plateformes sensorielles, dédiées à la rééducation du handicap visuel et du handicap auditif.

Le centre régional basse vision (CRBV), créé en 2003, et le centre d'évaluation des troubles de l'audition (Certa), ouvert en 2009, forment ainsi un seul établissement de soins de suite et de réadaptation (SSR), le CRBVTA, un des rares à proposer ce double accompagnement.

Chaque année, cette structure accueille, pour des programmes de rééducation fonctionnelle, 400 nouveaux patients en basse vision et 200 en troubles de l'audition, pour une file active de 800 patients.

"Nous avons le même statut de centre de rééducation fonctionnelle que Garches, en région parisienne, ou le centre mutualiste Kerpape, dans le Morbihan", indique Bertrand Tessier, le directeur du CRBVTA. Ici, pas de solution clés en main : les professionnels s'adaptent aux capacités, au contexte de vie, au ressenti de chaque personne.

Bilan complet

"La première intervention consiste à réaliser un bilan fonctionnel complet de la déficience, qu'elle soit visuelle ou auditive, poursuit Bertrand Tessier. Quelles sont les capacités résiduelles du patient ? Quelle est sa marge d'apprentissage ? Quelles sont ses attentes ? Comment voir ou entendre autrement ? Au regard de cette évaluation, menée par des équipes pluridisciplinaires, nous proposons des programmes de rééducation ou de réadaptation fonctionnelles, avec quatre objectifs : maintenir l'autonomie, accroître la participation sociale, agir dans le champ de la prévention et retarder la dépendance." L'accompagnement psychosocial, notamment, est indispensable car les patients, au sortir d'une prise en charge hospitalière, sont souvent en repli sur eux-mêmes et en perte de confiance.

Au total, le centre emploie 45 salariés, (30 en déficience visuelle et 15 en déficience auditive) et dix professions y sont représentées : ophtalmologistes, orthoptistes, rééducateurs en autonomie de vie journalière, rééducateurs en locomotion, opticiens, psychologues, assistantes de service social, mais aussi, otorhinolaryngologistes (ORL), orthophonistes, audioprothésistes et ergothérapeute.

"Nous travaillons avec des praticiens hospitaliers, des médecins libéraux et des médecins salariés de la Mutualité Française Anjou-Mayenne. Cette particularité vaut également pour les paramédicaux, avec un objectif de service public", précise Bertrand Tessier.

Expertises

"Réunir sur un même lieu les expertises pour les troubles la vision et les troubles de l'audition permet une complémentarité très enrichissante, explique le Dr Philippe Dublineau, chirurgien ophtalmologue honoraire, chargé de communication au CRBVTA. En basse vision, nous faisons appel au Certa pour explorer les capacités auditives de nos patients, car leur oreille peut servir à compenser leur œil qui ne voit plus. Les passerelles entre les deux disciplines sont nombreuses : le service ORL du centre hospitalo-universitaire et la faculté d'Angers, qui  ont créé un diplôme universitaire de réadaptation des troubles de l'audition, m'a ainsi demandé d'intervenir sur la capacité compensatoire de la déficience auditive par les aptitudes visuelles".

Une approche nouvelle, alors même que la dimension fonctionnelle reste le parent pauvre de la formation médicale, davantage centrée sur la lésion et le curatif.

Alors que l'évolution épidémiologique des troubles visuels et auditifs entraîne un besoin croissant d'accompagnement spécialisé, la Mutualité Française Anjou-Mayenne a aujourd'hui une mission d'ingénierie pour soutenir le développement de plateformes similaires dans d'autres régions.

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Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)