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Publié le 19/02/2009, Dernière mise à jour le 19/01/2010

La consommation d'alcool augmente les risques de cancer dès le premier verre, alerte l'Institut national du cancer (Inca). La viande rouge, la charcuterie et le sel sont également pointés du doigt.
Mauvaise nouvelle pour les consommateurs de vin, de bière ou de spiritueux : "L'augmentation de risque de cancer est significative dès une consommation moyenne d'un verre par jour, qu'elle soit quotidienne ou concentrée sur certains jours de la semaine", tranche l'Institut national du cancer (Inca) dans une brochure destinée aux professionnels de santé. Ce document a été actualisé avec les données des dernières études internationales portant sur les cancers et la nutrition.
Ainsi, un verre d'alcool par jour augmente le risque d'avoir un cancer colorectal de 9%, de 24% pour l'oesophage et jusqu'à 168% pour la bouche et la gorge. Tous les produits sont logés à la même enseigne : ce risque "dépend de la quantité totale consommée et non du type de boisson alcoolisée, indique l'Inca. Toute consommation d'alcool est donc déconseillée." En France, 10,8% des cancers chez l'homme et 4,5% chez la femme sont dus à l'alcool.
Trop de sel
La consommation de viande rouge et de charcuterie est également pointée du doigt par l'Inca : "Le risque de cancer colorectal est augmenté de 29% par portion de 100g de viande rouge consommée par jour et de 21% pour 50g de charcuterie." Pour l'Inca, il convient donc de manger moins de 500g de viande rouge par semaine. Il est conseillé d'alterner l'apport en protéine avec de la viande blanche, du poisson, des oeufs et des légumineuses.
Les Français ont également tendance à manger trop salé : l'apport moyen par jour et par personne est estimé à 8,5g de sel, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un apport de 5g par jour. Selon l'Inca, "le pain (et les biscottes), les charcuteries, les plats composés, les fromages, les soupes et bouillons, les pizzas, les quiches et les pâtisseries, les sandwiches et les viennoiseries sont les principaux vecteurs de sel". Ces aliments représentent 70% des apports quotidiens.
La consommation excessive de sel et d'aliments salés augmente le risque de cancer de l'estomac. L'Inca recommande de limiter la consommation d'aliments transformés salés (charcuteries, fromages...) et l'ajout de sel pendant la cuisson ou dans l'assiette.
Dernière mise en garde : les études montrent que la consommation de suppléments alimentaires contenant du bêta-carotène augmente les risques de cancer du poumon chez les personnes exposées au tabac ou à l'amiante. Seul le bêta-carotène contenu naturellement dans les aliments (carotte, poivron, épinard, tomate, brocoli...) a une influence bénéfique contre le cancer de l'oesophage.
Cinq fruits et légumes par jour
A l'inverse, l'activité physique et la consommation de fruits et légumes diminuent le risque de plusieurs cancers. Il est recommandé de pratiquer 30 minutes d'activité physique d'intensité modérée (marche rapide), au moins 5 jours par semaine, ou 20 minutes de sport (jogging) 3 fois par semaine. L'Inca conseille toujours de manger 5 fruits et légumes par jour pour atteindre au minimum 400g. Attention toutefois à bien les laver afin d'éliminer les résidus de pesticides.
Les cancers sont la principale cause de mortalité en France. En 2005, 146.000 personnes sont mortes du cancer et 320.000 nouveaux cas ont été identifiés.
Philippe Rémond
Un verre d'alcool correspond à un ballon de 10cl de vin rouge, à un verre de 25cl de bière ou à 3cl de whisky ou de pastis. Un Français sur sept boit de l'alcool quotidiennement.
3 questions au Dr Jean-Martin Cohen Solal, directeur général adjoint de la Mutualité française.
Pendant des années on a entendu dire qu'un petit verre, c'est bon pour la santé. C'est fini ?
On a tout entendu à propos de la consommation d'alcool : à faible dose, l'alcool serait bénéfique pour la santé, le vin serait bon pour le coeur, etc. C'est totalement faux ! Contrairement à ce que certains lobbys essayent de nous faire croire, boire un petit verre par jour, ou même de temps en temps, n'est pas nécessaire pour la santé. Il est malhonnête de présenter isolément un avantage d'une consommation modérée d'alcool, comme son influence sur la circulation sanguine par exemple, en cachant tous ses effets néfastes, comme le risque de cancer, d'accident de la route ou d'addiction.
Vous êtes pourtant à l'origine du célèbre slogan "Un verre ça va. Deux verres bonjour les dégâts"...
A l'époque où j'étais directeur du Comité français d'éducation pour la santé, aujourd'hui devenu l'Inpes, nous avions écarté le premier slogan qui disait, "un verre c'est bon". Nous voulions éviter cette confusion : un verre ce n'est souvent pas bon ! Cette étude de l'Inca, dont la Mutualité française est partenaire, est là pour le rappeler.
Faut-il prôner l'abstinence, voire la prohibition ?
Avec l'alcool, le risque de cancer augmente proportionnellement à la quantité. Ce risque varie de plus énormément d'un individu à l'autre. A titre personnel, je considère qu'une consommation modérée et occasionnelle constitue un risque acceptable. Il appartient à chacun de choisir. Grâce à ce type d'étude, chacun peut se déterminer en toute connaissance de cause.
Consulter les informations et les conseils de l'Institut national du cancer sur www.e-cancer.fr
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