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Accueil > L’actualité > Assurance maladie > Assurance maladie : un déficit de -10,3 milliards d’euros en 2011
Publié le 10/06/2011, Dernière mise à jour le 10/06/2011
En 2011, le déficit de l’assurance maladie devrait atteindre -10,3 milliards d’euros, selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Cela représente 1,3 milliard de moins qu’en 2010. Toutes branches confondues, le déficit de la Sécu devrait, quant à lui, s’élever à -19,5 milliards.
Le montant du déficit de l’assurance maladie devrait être de -10,3 milliards d’euros en 2011, selon les estimations de la Commission des comptes de la Sécurité sociale. C’est une légère amélioration par rapport à 2010, où il était de -11,6 milliards. Le déficit du régime général de la Sécurité sociale — qui comprend la branche maladie, accidents du travail, retraite et famille — est lui aussi en baisse à -19,5 milliards d’euros, contre -23,9 milliards l’année dernière.
Cette légère amélioration est en grande partie due à l’augmentation de la masse salariale enregistrée depuis 2010. "La masse salariale du secteur privé, dont l'évolution est déterminante pour les recettes de la Sécurité sociale, suit la reprise d'activité avec un léger décalage", explique la Commission. "Sa progression a été estimée à 2% pour l'année 2010 et s'élèverait à 3,2% en 2011". Pour autant, la croissance des recettes reste "en-deçà de celle des dépenses", indique la Commission.
Une croissance modérée des dépenses de santé
En 2010 et 2011, l'augmentation des dépenses d'assurance maladie est restée inférieure aux années précédentes. Elle a été de 2.7% en 2010, contre 3,7% en moyenne pour les cinq dernières années. En 2011, la hausse des dépenses de santé devrait rester inférieure à 3%.
Pour Pascale Vatel, représentante de la Mutualité Française à la Commission des comptes de la Sécurité sociale, la situation reste "inquiétante". Malgré la baisse des dépenses, "les déficits 2010 et 2011 viendront se cumuler à ceux des années précédentes", précise-t-elle. Dans ce contexte, la Mutualité Française continue de penser qu'il faut de vraies réformes pour "améliorer l'efficience de notre système de santé".
Encadrer les dépassements d'honoraires
La Mutualité Française dénonce l'augmentation croissante des restes à charge des ménages qui aggravent les inégalités sociales de santé. "Les dépassements d'honoraires constituent aujourd'hui, tant en ville qu'à l'hôpital, un frein à l'accès aux soins concernant un grand nombre de régions et de spécialités", regrette Pascale Vatel. Pour la Mutualité Française "les transferts de charge sur les usagers ne sauraient être un mode de régulation des dépenses de santé."
Pour réduire le reste à charge des patients, la Mutualité Française propose notamment la création d'un secteur optionnel, permettant d'encadrer les dépassements d'honoraires des médecins. Elle rappelle également son "attachement à ce que toutes les richesses et tous les revenus contribuent au financement de notre protection sociale, obligatoire, universelle et de haut niveau".
Philippe Rémond
Pour lutter contre l'augmentation des dépassements d'honoraires des médecins, la Mutualité Française défend la création d'un secteur optionnel. Il devrait progressivement se substituer au secteur 2, qui autorise les médecins à fixer librement leurs tarifs. Son principe repose sur un encadrement des dépassements, en échange d'une meilleure prise en charge par les complémentaires santé. Cette mesure pourrait être assortie d'une revalorisation de certains tarifs de la Sécurité sociale, jugés trop bas par les médecins pour rendre le secteur 1 plus attractif. Les dépassements d'honoraires des médecins spécialistes ont augmenté de 6,4% par an ces dix dernières années, selon les chiffres de l'assurance maladie. En 2010, leur montant a atteint 2,5 milliards d'euros.
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