Réunion à Matignon : des transferts qui mettront à contribution les assurés sociaux
Après plusieurs semaines d’échanges avec le Gouvernement, la Mutualité Française prend acte des arbitrages présentés aujourd’hui par l’exécutif à Matignon.
Les mesures annoncées conduiront à transférer au 1er janvier 2027 entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de dépenses de l’Assurance maladie obligatoire vers les complémentaires santé. Elles concerneront notamment les soins dentaires, les dispositifs médicaux, les transports sanitaires et certains médicaments avec un service médical rendu faible ou modéré.
Pour la Mutualité Française, ces décisions entraîneront inévitablement des conséquences pour les assurés sociaux. Une dépense de santé transférée ne disparaît pas : elle continue d’être financée par les Français, directement ou au travers d’une augmentation de la cotisation de leur complémentaire santé.
Le doublement du plafond annuel des franchises médicales, pour les médicaments et les consultations, annoncé par la ministre Stéphanie Rist ce matin accentuera les restes à charge ; cette mesure pèsera avant tout sur les personnes âgées et les patients atteints de pathologies chroniques, sans traiter les causes profondes des difficultés de financement du système de santé.
La Mutualité Française continuera à défendre des solutions conciliant accès aux soins, solidarité et soutenabilité financière, fondées sur la prévention, la qualité des soins et la transformation du système plutôt que sur la seule augmentation des restes à charge.
« Conscients de l’état des comptes sociaux, et de la nécessité d’assurer la pérennité de l’accès aux soins, nous avons participé à ces discussions en défendant la conviction que la soutenabilité de notre système de santé passera par davantage de prévention, une meilleure organisation des parcours de soins, la pertinence des prescriptions et une amélioration de l’efficience.
Les mesures paramétriques annoncées reposant principalement sur des transferts de charges et une hausse de la contribution des ménages ne permettront pas de répartir équitablement les efforts attendus par le Gouvernement, ce que l’on ne peut que regretter pour les assurés sociaux en général et nos adhérents en particulier. »
Éric Chenut, président de la Mutualité Française
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