Santé mentale : tous concernés 

Parmi les thématiques abordées dans les ateliers territoriaux, dans le cadre de la phase de co-construction des Etats généraux de la santé et de la protection sociale, la santé mentale interpelle tous les publics. Démonstration à Montpellier, lors de l’atelier du 15 avril 2026. 

Déjà Grande cause nationale 2025, la santé mentale s’impose une deuxième année consécutive comme un enjeu majeur de santé publique et de société. La consultation citoyenne menée dans le cadre des États généraux de la santé et de la protection sociale est sans appel : les Français réclament massivement un accès universel, rapide et abordable aux soins psychiques, ainsi qu’un renforcement de la prévention et de la sensibilisation. Ces attentes, très fortement exprimées par les jeunes,  ont trouvé un écho concret lors de l’atelier territorial organisé à Montpellier, le 15 avril 2026. 

Attention à la stigmatisation ! 

Les échanges ont mis en lumière un constat partagé : la santé mentale concerne tout le monde, à tous les âges de la vie, dans la sphère de l’intime comme professionnelle, et ne peut être réduite à la seule prise en charge psychiatrique. L’une des priorités soulevées est d’abord de mieux faire comprendre ce que recouvre la santé mentale et de ne pas stigmatiser. «Il ne s’agit pas forcément de pathologies lourdes : cela peut être un moment de fragilité, un creux, un pré-burn-out. Il y a un vrai travail de dédramatisation à mener», souligne Brigitte Liatti, administratrice AÉSIO Mutuelle, à l’issue de cet atelier.  

Même conviction du côté des autres participants : il faut sortir des tabous, parler de la santé mentale comme d’une souffrance « comme les autres », et, surtout, agir en amont. La prévention apparaît comme un levier central, notamment à l’école, perçue comme un lieu clé pour toucher l’ensemble des publics, sans se substituer au rôle des parents.  

Vers un usage encadré des écrans ? 

Autre sujet fortement débattu : l’impact du numérique et des réseaux sociaux sur le bien-être mental, en particulier chez les plus jeunes. Sans diaboliser les usages, les participants montpellierains recommandent de développer une utilisation plus consciente et encadrée, intégrée à une véritable politique de santé mentale.  

Ces constats locaux rejoignent largement les enseignements nationaux : manque de professionnels, délais d’attente critiques, restes à charge dissuasifs pour les consultations psychologiques. Autant de freins qui transforment trop souvent une volonté d’agir en impasse pour les personnes concernées. Des territoires aux politiques nationales, la santé mentale appelle désormais des actes à la hauteur des enjeux. 

Auteur / Autrice : Chloé Beaufils