Sport féminin : les filles décrochent… comment les raccrocher ?
Pression sociale, insécurité, rapport au corps, charge mentale, manque d’offres adaptées : le décrochage sportif des femmes constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. À travers les enseignements de l’étude MGEN / Kantar, le rôle inspirant du sport féminin de haut niveau et l’action du sport-santé, la Mutualité Française promeut des solutions concrètes pour réconcilier les femmes avec le sport, à tous les âges de la vie.
Le 24 janvier 2026, la Journée internationale du sport féminin a mis en lumière un paradoxe persistant : alors que les bienfaits du sport sur la santé physique et mentale sont largement documentés, les adolescentes sont encore nombreuses à décrocher de la pratique sportive. Selon l’étude MGEN / Kantar publiée dix jours plus tôt, 45,2 % des filles arrêtent le sport malgré elles, non par désintérêt mais sous l’effet de freins multiples : pression sociale, insécurité, rapport au corps, difficultés d’organisation ou d’accès à l’offre sportive. Près de deux tiers d’entre elles déclarent se sentir jugées (61 %) lorsqu’elles font du sport, 55 % ne s’y sentent pas toujours en sécurité, et 42 % disent avoir subi des comportements déplacés dans un cadre sportif. Plus inquiétant encore, l’étude précise que l’abandon précoce du sport conditionne une trajectoire durable de sédentarité, creusant les inégalités de santé tout au long de la vie.



Par ailleurs, dans son étude « Santé mentale des jeunes de l’Hexagone aux Outre-mer. Cartographie des inégalités », la Mutualité Française, en partenariat avec les Instituts Montaigne et Terram, met en parallèle l’absence d’activité physique régulière et des indicateurs défavorables de bien-être psychique. Une faible pratique sportive et culturelle est corrélée à un sentiment accru d’isolement social. Ainsi, 51 % des jeunes sans activité physique régulière jugent leur vie sociale peu active.
Haut niveau : le pouvoir des rôles modèles
Face à ce constat, le sport féminin de haut niveau joue un rôle clé de levier et d’inspiration. À Lyon, LDLC Asvel féminin, un club de basket-ball soutenu par Harmonie Mutuelle, revendique une ambition qui dépasse la performance. « Aujourd’hui, la mission sociétale est sur un pied d’égalité avec la mission sportive. La performance au féminin est un formidable vecteur d’intégration et de développement », souligne Paoline Salagnac, directrice sportive du club lyonnais.
Le collectif, la sororité et la mise en visibilité de modèles féminins constituent des leviers essentiels pour lutter contre le décrochage. « La force du collectif aide à persévérer, à accepter d’être différente et surtout à se sentir moins seule », rappelle le club. Au cœur du projet : la conviction que le sport féminin est un levier puissant d’émancipation, de cohésion et de construction individuelle, en particulier pour les jeunes filles.

Avec Harmonie Mutuelle, les basketteuses lyonnaises ont construit un partenariat de sens, avec des actions concrètes pour montrer les bienfaits du sport dans la société et accompagner chaque femme. Selon la directrice sportive : « Pour susciter des vocations, il faut parler du sport féminin, montrer des athlètes féminines à qui l’on peut s’identifier et ouvrir le champ des possibles à toutes les jeunes filles. »
Sport-santé : essentiel à la santé des femmes
Mais l’enjeu ne se limite pas aux terrains de compétition. Il se joue aussi au plus près du quotidien des femmes. À Mon Stade, maison sport-santé dans le 13ᵉ arrondissement de Paris, portée par la MGEN depuis sa création, les femmes représentent près de deux tiers du public accompagné. Souvent éloignées de l’activité physique, elles y trouvent un suivi personnalisé, adapté aux réalités du corps féminin.

Stéphane Suzzoni, directeur de Mon Stade, insiste sur le rôle central de l’activité physique comme déterminant de santé tout au long de la vie des femmes. « À chaque période clé de la vie féminine, l’activité physique joue un rôle spécifique et essentiel, en lien avec la santé globale et notamment l’équilibre hormonal », explique-t-il. Stéphane Suzzoni rappelle également que l’activité physique est un véritable outil de prévention et d’accompagnement thérapeutique pour de nombreuses maladies chroniques.
Certaines pathologies spécifiquement féminines, comme les cancers du sein, les cancers gynécologiques ou l’endométriose, nécessitent une pratique sportive adaptée, régulière et si possible individualisée. Le sport permet aussi d’atténuer certains symptômes de la ménopause, comme la fatigue, les troubles de l’humeur ou l’augmentation du risque cardiovasculaire.
Prévention, égalité, bien-être : un engagement mutualiste sur tous les terrains
En soutenant à la fois le sport féminin de haut niveau et des dispositifs de sport-santé accessibles, les mutuelles adhérentes à la Mutualité Française agissent à tous les niveaux. Parce que raccrocher les filles au sport, c’est aussi miser sur leur santé, leur confiance et leur avenir.
LDLC Asvel féminin, un club engagé

LDLC Asvel féminin se présente comme un club pionnier du sport féminin, à la fois performant au plus haut niveau et profondément engagé dans des missions sociétales. Repris en 2017 par Tony Parker, ce club de basket-ball a connu un tournant majeur avec deux titres de championnes de France (2019 et 2023) et un titre européen en 2023. Depuis 2022, il s’est doté du statut d’entreprise à mission, mettant sur un pied d’égalité ambition sportive et impact social.
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