Violences faites aux femmes : rompre le silence

Il y a quarante ans aujourd'hui, Simone Veil, alors ministre de la Santé, intervenait à l'Assemblée nationale pour défendre son projet de loi pour l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Finalement voté le 17 janvier 1975, rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (pages 12 et 13), le texte n'a cessé, depuis, "d'être peaufiné par d'autres textes, en fonction de l'évolution de la société". Ainsi, en 1982, une loi introduit au dispositif le remboursement de l'acte. De son côté, la loi de 1993 crée le délit d'entrave à l'IVG et "celle de 2001 a porté le délai légal de dix à douze semaines de grossesse et autorisé les médecins libéraux à réaliser des IVG médicamenteuses", indique le quotidien.

En 2014, grâce à la loi sur l'égalité entre les femmes et les hommes, il n'est plus besoin d'avancer la notion de "situation de détresse" pour justifier sa demande d'avortement. Celui-ci peut être pratiqué si la femme enceinte "ne veut pas poursuivre une grossesse". L'anniversaire de cette avancée pour le droit des femmes coïncide avec la présentation, hier, de plusieurs mesures à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Alors qu'une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, les ministères de la Santé, de la Justice, de l'Intérieur et le secrétariat d'Etat chargé des Droits des femmes ont en effet signé une convention pour renforcer les dispositifs déjà existants ou en créer d'autres, explique Libération (page 12). Cette convention prévoit par exemple le signalement au parquet de toutes les mains courantes déposées au commissariat par les femmes violentées. De même, toutes les plaignantes se verront mises en relation avec un psychologue ou un travailleur social qui doit leur proposer un suivi.

D'ici à 2017, annonce également la ministre de la Santé, Marisol Touraine, le nombre d'intervenants sociaux dans les commissariats sera doublé. Il est actuellement de 230. Un parc de téléphones spécifiques pour entrer en relation avec les secours sera aussi généralisé, et 1 600 places d'hébergement d'urgence supplémentaires seront créées pour les femmes victimes.

Les chiffres révélés par une étude du Conseil économique social et environnemental (Cese), réalisée par Pascale Vion, membre du groupe de la Mutualité Fran­çaise au Cese, et rendue publique hier, confirment l'urgence de conduire de telles initiatives. "Chaque année en France, rapporte en effet 20minutes.fr à l'appui de ce document, plus de 200.000 femmes se déclarent victimes de violences conjugales. Le plus souvent, il s'agit de violences répétées, puisque 70% des victimes reconnaissent avoir été agressées à plusieurs reprises au cours des deux dernières années."

Dans le contexte de difficultés économiques des territoires d'outre-mer, particulièrement touchés par le chômage, "les difficultés financières et les situations de précarité extrême aggravent les phénomènes de violences conjugales mais aussi familiales", relève en outre Pascale Vion dans un entretien au site la1ere.fr.

Or, seulement 10% des femmes qui se déclarent victimes de violences au sein du couple ont déposé plainte. D'où la nécessité, insistent les spécialistes, de tout mettre en œuvre pour inciter les femmes victimes à rompre le silence. Ces violences ne se produisent évidemment pas que dans le couple, poursuit le site Internet de L'Express, qui se penche sur la "pathologie insidieuse" que représentent les violences commises à l'égard des femmes en milieu professionnel. Dans ce milieu, "le phénomène est répandu mais il reste largement impuni", confirme l'étude du Cese. Surtout qu'ici aussi, "la majorité des femmes victimes gardent ça pour elles".

A présent, "la gravité de l'impact sur la santé mentale et physique est reconnue par toutes les études scientifiques internationales", écrit la psychiatre Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie dans leplusnouvelobs.com. "Avoir subi des violences sexuelles dans l'enfance est le déterminant principal de la santé, cinquante ans après, si rien n'a été fait pour prendre en charge les victimes", explique cette spécialiste, soulignant "un risque de mort précoce par accident ou suicide, de troubles mentaux (état de stress post-traumatique, troubles anxio-dépressifs, personnalité borderline, troubles addictifs, conduites à risque, troubles alimentaires), et de pathologies somatiques".

A lire aussi – Violences faites aux femmes : rompre le silence

Selon une étude menée par des chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), à Lyon, et publiée par la revue Lancet Oncology, "un demi-million de nouveaux cancers diagnostiqués chaque année dans le monde seraient dus au surpoids ou à l'obésité".

Sans surprise, rapporte Le Figaro (page 11), les pays riches sont les plus atteints par le phénomène : 64% des cancers liés au surpoids sont en effet diagnostiqués en Amérique du Nord et en Europe. Dans ces pays riches, ajoute l'enquête, les femmes sont davantage concernées que les hommes : 8% des nouveaux cancers seraient, chez elles, dus au surpoids, contre "seulement" 3% chez hommes. "Cela s'explique assez simplement, précise l'épidémiologiste Catherine Hill de l'Institut Gustave-Roussy, parce que les localisations tumorales dans lesquelles le surpoids joue un rôle concernent davantage les femmes."

Une autre étude, cette fois menée par le McKinsey Global Institute et évoquée par Les Echos (page 3), souligne que "l'obésité coûte cher". Son impact serait en effet évalué à 2 000 milliards de dollars à l'échelle mondiale, soit 2,8% du PIB. "Environ 70% de ces revenus manquants découlent de la perte de productivité liée à une surmortalité des travailleurs ou à des coûts directs pour le système de santé", écrit le quotidien.

En 1995, 6,5% de la population française était obèse. Actuellement, ce taux a grimpé à 15%, contre 25% en Allemagne, 22% en Belgique et 33% aux Etats-Unis. Le surpoids, en revanche, touche désormais le tiers de la population française.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)