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VIH : comment les lenteurs des autorités de santé ont nui à la prévention

Dans un rapport que s'est procuré Le Monde, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) estime que les lenteurs de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ont empêché une politique efficace de prévention contre le sida.

Si l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait été moins lente dans ses décisions, plusieurs milliers de contaminations au VIH auraient pu être évitées entre janvier 2013 et janvier 2016, estime un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), que s'est procuré Le Monde. Le document fait état d'une instruction "anormalement longue" en ce qui concerne l'utilisation du Truvada, un antirétroviral qu'elle a autorisé le 1er janvier 2016.

Ce traitement anti-VIH permet de préserver toute personne séronégative de la contamination s'il est pris avant un rapport sexuel à risques, rappelle le quotidien. Désigné sous les termes de prophylaxie pré-exposition (PrEP), ce mode de prévention a été autorisé aux Etats-Unis le 16 juillet 2012 par la Food and Drug Administration, l'équivalent de l'ANSM.

Six mois plus tard, au vu de son efficacité, l'association Aides avait alors interpellé l'ANSM pour lui demander d'autoriser la mise sur le marché du Truvada.

Dès lors, "les retards s'accumulent", relève l'Igas. D'abord, Gilead, le laboratoire qui fabrique le traitement, met quatre mois pour fournir à l'ANSM les données nécessaires à la constitution du dossier d'évaluation. Ensuite, pendant neuf mois, "aucun acte de procédure discernable n’est intervenu" à l'ANSM constate le rapport de l'Igas.

Après avoir été relancée par la ministre de la Santé de l'époque, Marisol Touraine, l'agence nomme finalement un comité scientifique en vue d'établir une recommandation temporaire d'utilisation (RTU) du Truvada. Les travaux de ce comité s'achèvent en juin 2015, mais il faudra attendre encore cinq mois avant que la mise à disposition soit enfin accordée.

Au total, rapporte Libération, "l'instruction de la RTU par l'ANSM s'est anormalement prolongée d'environ vingt mois".

Pendant ce temps-là, les contaminations se sont multipliées : on estime leur nombre entre 1.666 et 4.000, alors que la PrEP permet d'en éviter entre 1.000 et 2.400 par an.

Ce retard, estime le rapport de l'Igas, cité dans Le Monde, souligne la "faiblesse persistante de la santé publique en France". Parce qu'elle n'a "pas correctement anticipé les évolutions en termes de prévention de l’infection par le VIH que la chimioprophylaxie allait susciter", la direction générale de la santé, notamment, fait preuve d'"un déficit - quantitatif et qualitatif - de compétences et d’expertises qui continue à la pénaliser".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)