Vers une restructuration de la carte hospitalière

En visite dans des établissements hospitaliers de Metz, la ministre de la Santé s'est engagée, hier, à revoir la carte hospitalière, comme l'avait promis Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle. Ainsi, pour tenir compte de l'évolution démographique mais aussi pour "garantir l'excellence et la sécurité", Roselyne Bachelot a annoncé un prochain "réexamen de l'implantation des activités de soins au sein des établissements de santé", rapporte La Tribune (page 33). Les dix milliards d'euros déployés par le plan Hôpital 2012 permettront d'engager cette restructuration et d'appréhender la modernisation des établissements, indiquent Les Echos (page 5).

Pour cela, détaille Le Figaro (page 22), la ministre de la Santé envisage, entre autres, de regrouper les activités de la chirurgie ou, plus généralement, de ce qui relève des "activités interventionnelles" car celles-ci "requièrent un matériel coûteux et des équipes pluridisciplinaires". Par ailleurs, complète La Tribune, la ministre estime que "d'autres activités comme la médecine, les soins de suite, la gériatrie ou les soins non programmés doivent être assurés au plus près de nos concitoyens".

Roselyne Bachelot entend également fixer des "critères objectifs incontestables vis-à-vis de la population du territoire concerné" pour la création de nouveaux établissements. En outre, les activités jusqu'alors exercées par certains petits hôpitaux pourraient être remplacées par de nouvelles missions. Dans le même élan, souligne Le Figaro, "elle a aussi fixé un objectif de 15.000 places d'hospitalisation à domicile d'ici à 2010, contre 8.000 actuellement".

Au cours de ces visites, la ministre de la Santé s'est voulue rassurante avec le personnel hospitalier. Elle a en effet souligné que ces évolutions "ne doivent pas supprimer des emplois, mais bien plutôt permettre d'en créer dans des domaines différents et plus adaptés aux besoins de la population". Une révision de la durée du temps de travail devrait aussi être engagée, selon les vœux du président de la République. Nicolas Sarkozy souhaite, en effet, "libérer l'hôpital de la contrainte des 35 heures" en permettant au personnel de faire des heures supplémentaires, rappelle La Tribune. Or, constate ce quotidien, "les agents hospitaliers accumulent déjà les heures supplémentaires et les jours de RTT épargnées dans des comptes épargne temps (CET) depuis la mise en place des 35 heures".

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L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) a rendu publique hier une étude sur "les Français et la contraception". Comme l'indique Le Monde (page 30), 21% des femmes utilisant la pilule déclarent "l'oublier une fois par mois". Un oubli qui explique, en partie, les 200.000 IVG pratiquées chaque année en France, note L'Humanité (page 12).

Autre enseignement : la variété des modes contraceptifs est peu utilisée. "Ainsi, l'implant et l'anneau vaginal ne sont connus que de 44% des Français et le patch de 48%. […]. Quant au stérilet, 50% des Français pensent toujours qu'il ne peut être utilisé tant qu'on n'a pas eu de bébé", rapporte Le Monde. Concernant la pilule du lendemain, plus du tiers des personnes connaissent ce mode de contraception, mais elles ignorent qu'il est "efficace jusqu'à 72 heures après un rapport non protégé", indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 19). Et un tiers des Français s'imaginent qu'il est "réservé aux moins de 25 ans !".

Pour le Dr Yves Le Noc, qui a mené cette enquête, deux facteurs expliquent la moindre utilisation de l'ensemble des méthodes contraceptives. Le premier relève de la "pression pharmaceutique" qui s'exerce en faveur des pilules dites "de nouvelle génération", non remboursées par la Sécurité sociale. L'autre facteur est la "médicalisation excessive de la contraception" qui oblige les femmes à se rendre tous les six mois chez le médecin pour se faire renouveler leur pilule.