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Vers un recul de la solidarité ?

En présentant, hier, un "nouveau contrat social", le président de la République a voulu "bousculer sans ménagement le fameux modèle social à la française", observe Le Figaro (pages 21 à 23).

En effet, les réformes qu'il a annoncées sont multiples, constate Le Parisien/Aujourd'hui (pages 4 et 5) : elles concernent notamment l'alignement des régimes spéciaux de retraites sur celui des fonctionnaires, l'assouplissement des 35 heures, l'emploi des seniors, la fusion de l'ANPE et de l'Unedic, et le secteur de la santé.

Pour ce qui relève de l'assurance maladie, s'indigne L'Humanité (pages 2 à 5), "la potion sarkozyenne est (...) brutale" puisque le président a annoncé vouloir "ouvrir un grand débat sur le financement de la santé". Il souhaite en effet distinguer ce qui doit être financé par la solidarité nationale de ce qui doit relever de la responsabilité individuelle, à savoir des complémentaires, expliquent Les Echos (pages 2 à 4).

Toutefois, souligne, à son tour, La Tribune (pages 26 et 27), "le chef de l'Etat s'engage prudemment sur cette voie, expliquant que la solidarité doit rester le fondement de l'assurance maladie et qu'il n'est pas question d'aller vers un système de soins à deux vitesses". L'aide à la complémentaire santé sera notamment "plus généreuse et étendue", a-t-il promis.

Par ailleurs, rapportent Les Echos, les complémentaires "sont d'ores et déjà appelées par l'Elysée à développer des assurances individuelles contre le risque de dépendance, “en complément de la solidarité nationale”". "Pour prendre en charge la perte d'autonomie sous toutes ses formes", rapporte La Croix (page 9), Nicolas Sarkozy a en effet annoncé "la création d'un nouveau droit de protection sociale destiné aux handicapés et aux personnes âgées dépendantes. Mais celui-ci ne consistera pas à accorder des prestations égales pour tous".

Selon le chef de l'Etat, ce droit "devra prendre davantage en compte de manière plus juste les capacités contributives des personnes, ainsi que leur patrimoine".

L'Etat tient aussi à alléger les dépenses de la "Sécu" liées aux affections de longue durée (ALD), préviennent les journaux. Parce qu'ils "dérapent", les soins préconisés pour les longues maladies telles que le cancer, le diabète, ou encore le sida ne seront plus obligatoirement pris en charge à 100% par le régime obligatoire. Les efforts seront concentrés "sur la prise en charge de ce qui est essentiel", à partir des travaux de la Haute Autorité de santé (HAS), a indiqué Nicolas Sarkozy sans plus de détail.

La liberté d'installation des médecins semble également dans le collimateur du président de la République, observent Les Echos. Comme le font déjà les infirmières, il souhaiterait que les médecins s'installent dans des zones qui ne sont pas surreprésentées en professionnels. Sans surprise, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a immédiatement réagi en estimant que le gouvernement "se trompe de méthode". L'enthousiasme n'est pas non plus de mise pour le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. Avec toutes ces mesures, "on va vers une privatisation, vers une américanisation de notre système", regrette-t-il dans La Tribune.

A lire aussi – L'accompagnement des patients par les labos refait surface


"L'épineux dossier des programmes d'observance des traitements médicamenteux" risque de refaire surface, avertissent Les Echos (page 22). Après un premier essai avorté en début d'année, le projet de loi qui autorise les firmes pharmaceutiques à "accompagner" les malades dans leur thérapie pourrait une nouvelle fois être d'actualité. En effet, "à la demande des pouvoirs publics, le sénateur UDF des Yvelines, Nicolas About prépare une proposition de loi" qui devrait encadrer ce type de programmes. Cette proposition devrait être soumise au Parlement l'année prochaine.

Cette mesure avait suscité en début d'année une levée de boucliers de la part notamment de la Mutualité française, des associations de malades et de consommateurs. Ces acteurs redoutaient alors que ces programmes d'observance soient utilisés par les "labos" pour communiquer directement avec les patients. "Une forme de publicité, qui est strictement interdite pour les médicaments d'ordonnance", rapportent Les Echos.

Aussi, avec cette nouvelle tentative les fabricants se veulent plus prudents. Le président du Leem, qui défend les intérêts de l'industrie pharmaceutique, Christian Lajoux, annonce que ces programmes d'observance "seront totalement déconnectés" de la promotion…

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)