Vers la réforme des prestations familiales

On le sait depuis l'annonce faite la semaine dernière par le Premier ministre : la politique familiale figurera parmi les pistes d'économies à réaliser d'ici à 2017. Les prestations familiales ne seront pas, par exemple, revalorisées le 1er avril 2015 mais le 1er octobre. Afin de dégager 800 millions d'euros, le chef du gouvernement étudie également plusieurs pistes visant à réformer la politique familiale.

La prime de naissance de 923 euros versée au 7e mois de grossesse pourrait notamment être révisée. "Soumise à un plafond de ressource de 47.000 euros de revenus annuels pour un couple bi-actif lors de la première naissance", cette prestation versée pour 85% des naissances coûte à l'Etat 650 millions d'euros annuels, indiquent Les Echos (page 3). Plusieurs voies de réforme sont donc envisagées, notamment celles contenues dans le rapport de Bertrand Fragonard en 2013, à savoir : "réduire le montant de la prime, la réserver à la première naissance, abaisser le plafond de ressources…"

Le congé parental est également sur la sellette, poursuit le quotidien économique. Cette prestation "versée aux parents qui s'arrêtent de travailler à la naissance de leur enfant serait obligatoirement partagée entre les deux parents". Ainsi, conformément à ce qui est prévu par le projet de loi sur l'éga­lité femmes-hommes, actuellement examiné par le Parlement, la durée de versement serait raccourcie pour les mères, avec un report de l'allocation sur les pères. Or, pour réaliser des économies, le gouvernement mise sur le fait que les pères ne seront pas nombreux à prendre leur congé parental…

Dernière piste à l'étude, écrivent Les Echos : "Le complément de mode de garde, versé aux parents qui font garder leur enfant à domicile ou par une assistante maternelle." Désormais, cette prestation ne serait réservée qu'aux futurs enfants.

Sferen : fin du trio
La décision n'est pas encore offi­cielle, mais elle ne semble plus faire de doute. Selon Les Echos (page 20), la Maif envisagerait de sortir de Sferen, la société de groupe d'assurance mu­tuelle (Sgam) qu'elle avait formée avec la Matmut et la Macif en 2009. Dans un entretien au quotidien économique, le directeur de la Maif, Pascal Demurger, rappelle que ce rapprochement s'était établi, à l'origine, sur une "logique de coopération". Or, aujourd'hui, explique-t-il, "nous sommes rattrapés par la transposition des nouvelles normes prudentielles de Solvabilité 2 en droit français".

Dès lors, expliquent Les Echos, Sferen est amené "à se transformer en un véritable groupe intégré sous la pression du superviseur". Pour la Maif, cette évolution "en un véritable groupe intégré avec une gouvernance largement commune, des fonctions clefs communes, une stratégie commune, ainsi qu'une solidarité financière" n'est pas souhaitable.

Daniel Havis, PDG de la Matmut et président de Sferen, regrette cette situation, tout en reconnaissant qu'"il était évident qu'à terme la Sgam allait entraîner un transfert de souveraineté ». Ce­pendant, il compte refonder Sferen, tout comme le président de la Macif, Gérard Andreck. "Jusqu'à présent, déclare Daniel Havis, nous étions sur des accords techniques, qui, en tant que tels, ne nécessitaient pas une Sgam. Là, il s'agit de faire confluer les stratégies des deux groupes, ce qui impliquera une structure faîtière."

Entre la Matmut et la Macif, un axe "plus cohérent et plus fort" pourrait se dessiner, annonce Daniel Havis. Car, poursuit Gérard Andreck, « nos entreprises sont plus ressemblantes entre elles qu'elles ne le sont avec la Maif. Nos cibles sont les mêmes et il y a beaucoup de similitudes dans nos axes stratégiques ».

Cet épisode est symptomatique du remodelage du secteur de l'assurance induit par les nouvelles normes prudentielles, estiment Les Echos, lesquelles entrainent fusions et rapprochements. Selon le Fonds CMU, rappelle le quotidien économique, on comptait plus de 800 mutuelles en 2007 et 512 cinq ans plus tard. "Les exigences de fonds propres seront portées à des niveaux difficilement supportables pour un certain nombre d'opérateurs", explique le journal. De fait, pour se maintenir, les rapprochements se multiplient, ce qui est assez coûteux, ne serait-ce que du point de vue des investissements informatiques.

Frédéric Lavignette

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