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Vers la reconnaissance professionnelle du burn-out ?

Porté par François Rebsamen, le ministre du Travail, le projet de loi sur le dialogue social arrive au­jourd'hui en séance à l'Assemblée nationale. Alors que le texte instaure une représentation pour les salariés des très petites entreprises (TPE) et la possibilité pour eux de recourir à des "commissions paritaires régionales interprofessionnelles" en cas de conflit avec l'employeur, les petits patrons craignent une remise en cause du dialogue direct entre le chef d'entreprise et ses employés, indique Le Figaro (page 18).

A l'occasion du débat parlementaire, le député socialiste Benoît Hamon entend bien défendre comme maladie professionnelle le phénomène du burn-out, explique Libération (pages 2 à 5) dans un dossier intitulé "Labeur au ventre". Autrement qualifié de "stress au travail" ou de "syndrome d'épuisement professionnel", le burn-out est apparu dans les années 1980, d'abord dans les métiers de la santé et de l'éducation, puis, depuis quinze ans, il s'est étendu aux entreprises, écrivent Les Echos (page 12).

Selon le cabinet Technologia, spécialisé dans les risques professionnels, près de 3,2 millions de salariés seraient "en situation de travail excessif et compulsif". Ce qui représente près de 12% de la population active proches du burn-out, c'est-à-dire atteints par la dépression, l'envie suicidaire, l'épuisement ou encore les troubles anxieux, note Libération.

Selon une étude du ministère du Travail, que rapportent Les Echos, 9 % des salariés sont ainsi "surexposés" aux risques psychosociaux, et 13 % n'en sont pas loin. Et ce drame humain se double d'enjeux financiers.

En 2007, une étude de l'Institut national de recherche et sécurité au travail (INRS) a estimé à 2 à 3 milliards d'euros par an minimum le coût du stress au travail. "Les entreprises cassent des gens puis reportent le coût sur la société via la Sécu !", s'indigne à ce titre Bernard Salengro, médecin du travail et ex-dirigeant de la CGC, le syndicat des cadres. C'est énorme : outre les dépressions, le stress entraîne du diabète, de l'hypertension, de l'obésité, des AVC…".

Benoît Hamon a déposé trois amendements visant à faire reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle. L'un d'eux porte plus particulièrement sur la prévention car, explique-t-il dans un entretien à Libération, "cela coûte plus cher de soigner ces pathologies que de les prévenir". S'il obtient satisfaction, la prise en charge des victimes se fera via la branche accident du travail et maladies professionnelles (AT-MP), laquelle est financé par les em­ployeurs. Or les patrons y sont peu favorables…

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)