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Vers la généralisation du tiers payant chez le généraliste ?

Marisol Touraine dévoilera lundi sa "stratégie nationale de santé", s'inspirant des recommandations du rapport d'Alain Cordier qui lui sera remis officiellement le même jour. Une des mesures phares consisterait à généraliser le tiers payant pour les médecins de ville, comme c'est déjà le cas pour les pharmaciens, écrivent Les Echos (page 6).

Concrètement, en donnant sa carte Vitale au médecin, le patient ne débourserait rien s'il est couvert par une complémentaire santé et seulement le ti­cket modérateur dans le cas contraire. Le rapport Cordier estime que "les différences de modalité de paiement et le niveau de reste à charge conduisent, pour une bonne part, à un recours inapproprié aux urgences hospitalières" au lieu de la médecine de ville. Ce qui revient beaucoup plus cher à la Sécurité sociale.

La généralisation du tiers payant n'est pas simple à mettre en place en raison des multiples intervenants, soulignent Les Echos. En effet, la majeure partie (70 %) de la consultation est prise en charge par l'assurance maladie, une autre est remboursée par les complémentaires santé, tandis que la franchise de 1 euro est acquittée par le patient.

Toutefois, les députés socialistes souhaitent que la généralisation du tiers payant s'applique rapidement. "Ce sera une des grandes mesures du quinquennat en faveur de l'accès aux soins", se réjouit le député Christian Paul. "On pourrait en priorité généraliser le tiers payant dans les centres de santé, qui accueillent les patients les plus modestes, suggère son collègue Gérard Bapt. Cela désengorgerait les urgences des hôpitaux."

Les syndicats de médecins sont plus divisés sur la question. "Le tiers payant est impossible à mettre en œuvre dans l'immédiat. Il est hors de question que cette mesure se traduise par plus de complexité pour les médecins", met en garde Michel Chassang, président de la CSMF. En revanche, MG-France se montre favorable à la mesure. "Cela poussera le rééquilibrage de l'offre de soins vers la médecine de proximité", estime son président Claude Leicher.

A l'occasion de cette présentation, la ministre de la Santé pourrait faire également des annonces sur la généralisation de la complémentaire santé pour tous, croit savoir Le Parisien/Aujourd'hui (page 13). L'accès à une couverture complémentaire de qualité fait partie des engagements pris par le président de la République en octobre 2012 devant le congrès de la Mutualité Française, rappelle-t-on.

Le quotidien passe en revue les questions en suspens sur ce sujet : articulation avec la généralisation des contrats obligatoires prévue par la loi de "sécurisation de l'emploi", redéfinition des contrats responsables et solidaires, le tout sur fond de renoncement aux soins.

Ces interrogations sont également au cœur de la campagne d'opinion lancée hier par les Mutuelles de France (L'Humanité, page 8). Leur président, Jean-Paul Benoît, interpelle notamment le gouvernement sur le bon usage des aides à la complémentaire santé, ciblées sur les actifs et qui laissent sur le côté les populations les plus fragiles : étudiants, retraités et chômeurs.

A lire aussi dans la presse - Nouveau plan contre les drogues et les addictions

L'accent sera mis sur l'amélioration de la prévention par un repérage plus précoce des jeunes consommateurs de cannabis, de tabac et d'alcool, avant une démarche thérapeutique, écrit Le Monde (page 5) pour résumer le nouveau plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives. Ce dispositif, qui s'étend sur quatre ans (2013-2017) prévoit également des consultations jeunes consommateurs (CJC), animées par des professionnels de santé, qui accueillent les jeunes de moins de 25 ans, évaluent leur addiction et les aident à y mettre fin. "L'idée est de faire en sorte que les professionnels de ces consultations aillent vers les jeunes et leurs parents", dans les écoles, les lycées, les centres de formation, les foyers de jeunes travailleurs, les missions locales pour l'emploi, a expliqué hier Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt).

La Mildt veut développer des dispositifs, comme le repérage précoce et intervention brève (RPIB), pour réduire les consommations excessives d'alcool chez les jeunes ou "Quit the shit" ("abandonne le pétard"), un programme allemand de sevrage cannabique via Internet, précise Libération (page 25).

Le quotidien se montre très critique envers le gouvernement, qui "ne veut pas ouvrir le débat sur la dépénalisation" du cannabis, et "préfère continuer avec la politique de l'autruche". Le Monde partage cette analyse et, sous le titre "un plan timoré de lutte contre les addictions", relève que le gouvernement, "tout à sa pause fiscale", a re­noncé à la taxe sur les boissons dites prémix qui contiennent du vin.

Pascal Lelièvre et John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)